L’Ecole a été une nouvelle fois abordée en Conseil des ministres, ce qui atteste d’un véritable casse-tête qui préoccupe plus que jamais les autorités du pays.

Il faut d’emblée noter que les questions relevant du secteur de l’Education nationale ont été présentes à l’ordre du jour de tous les Conseil des ministres tenus depuis l’accession de Tebboune à la magistrature suprême du pays, voire même avant, dans le sens où le Président avait fait part de son intention de réforme le jour même de son investiture.
Avant-hier, l’Ecole a pris une place considérable dans la réunion du Conseil des ministres qui a vu l’esquisse d’un contenu d’une réforme devant remédier à un recul des filières mathématiques, techniques et de l’enseignement technologique, laissant place à la prédominance de la mémorisation et la restitution du contenu sur la réflexion scientifique et l’esprit d’initiative.
Le ministre de l’Education nationale a présenté, à cette occasion, une approche qui vise la promotion des filières mathématiques et techniques pour augmenter le taux d’accès à ces filières, estimé actuellement à 3,46%, avec la prise de mesures incitatives pour encourager les élèves à s’orienter vers ces filières. Il s’agit aussi d’œuvrer pour l’augmentation du taux d’accès à l’enseignement technologique, qui n’est actuellement que de l’ordre de 15,8% alors que la moyenne mondiale est estimée à 30%.
Le communiqué sanctionnant la réunion du Conseil des ministres n’a pas été avare en concept puisqu’il parle d’une « réforme sérieuse du système éducatif » pour permettre aux citoyens de constater « le changement radical » dès la rentrée scolaire 2020-2021.
Or, la promesse de réforme n’est pas inédite et ce débat sur la place des filières scientifiques et techniques dans le système scolaire est loin de constituer une nouveauté. C’est même une rengaine qui revient au gré des contextes. A l’évidence, l’idée d’une réforme a toujours existé, sans que les Algériens ne puissent savoir qu’est-ce qui a été réformé ni ce qui ne l’a pas été. Or, dans toute forme d’apprentissage, l’accumulation des expériences est plus que nécessaire.
Mise en œuvre en 2002/2003, la réforme du système éducatif, qui aura suscité interrogations et polémiques, sera ainsi corrigée sans que ne soit évalué ce qu’elle a généré comme qualité ou comme faiblesse à l’Ecole algérienne, où ne cessent d’être déplorées, selon des avis autorisés, de nombreuses failles générant déperdition, déficit de compréhension, absence de réflexion, apprentissage au rabais…
Articulée autour d’un processus de refonte pédagogique des contenus notionnels et des méthodes pédagogiques, du préscolaire à la terminale de lycée, mais aussi autour d’un ancien référentiel inspiré de la pédagogie par objectifs (PPO) et sur l’approche par compétences (APC), cette façon de former semble ainsi vécue. Elle laissera ainsi place à une batterie de mesures d’urgence englobant « l’allègement du poids du cartable grâce à des fiches pédagogiques outre l’élargissement des instituts de formation des personnels et la révision du système de formation spécialisée et continue ».
Même si la copie présentée par le ministre Ouadjaout en Conseil des ministres ne décline pas le contenu de cette révision annoncée, force est de constater qu’une énième réforme en moins d’une génération sonne comme un véritable malaise qui voit l’Ecole algérienne se chercher encore une voie en adéquation avec les attentes et les exigences de développement technologique.
D’autant plus que des efforts importants sont consentis pour l’amélioration de la qualité de formation dans l’Ecole.
A titre illustratif, le département de l’Education nationale bénéficie au titre de l’exercice 2020, dans le cadre du budget de fonctionnement, d’une enveloppe estimée à plus de 724 milliards DA, soit une hausse de 14,91 milliards DA par rapport aux affectations allouées au titre de l’exercice 2019.