Fort de la résolution 1514 de l’assemblée générale des Nations unies du 14 décembre 1960 consacrant le principe d’autodétermination et de l’indépendance

au pays et au peuple coloniaux, et de la résolution 2414 du conseil de sécurité, l’Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, reprendra son bâton
de pèlerin pour remettre le processus de décolonisation du dernier territoire occupé d’Afrique, le Sahara occidental, en branle.

Interrompu depuis 2012, le processus de négociations sera donc relancé ce jeudi à Genève sous l’égide de la Minurso. C’est que le conseil de sécurité, le 31 octobre dernier, avait haussé le ton en «obligeant » les deux « belligérants » à s’asseoir de nouveau à la table des négociations. Cette fois, c’est à partir d’un oukase de l’administration Trump que le processus bloqué et ignoré par le Maroc, et l’aide tacite de son parrain au même conseil de sécurité, la France, n’a pas pu faire diversion pour une fois. Une diversion et un déni des lois onusiennes qui durent depuis plus de quarante ans d’occupation des terres sahraouies.
L’Envoyé spécial de l’ONU voudrait d’abord opérer une opération de dégel de la situation ankylosée depuis six ans à cause des tergiversations du Maroc. Ce dernier, qui a de tout temps essayé d’inclure l’Algérie dans son conflit sahraoui, ne peut plus se dérober aux résolutions onusiennes citées plus haut. L’Algérie, qui a toujours fait sienne le principe d’autodétermination des peuples, sera cette fois impliquée, au même titre que la Mauritanie, dans les pourparlers de Genève en tant qu’observateurs. Ça ne sera pas pour le round de jeudi, mais plus tard quand les principaux concernés auront repris langue d’une manière officielle. L’Algérie avait, on s’en rappelle, toujours refusé de s’asseoir à la table des négociations entre les deux parties, suite aux nombreuses « invitations » de la monarchie marocaine, voulant prouver au monde que l’Algérie faisait plus qu’héberger des réfugiés sahraouis.
Toutefois, et pour une fois, l’Algérie a accepté de rentrer dans le jeu des pourparlers, en compagnie de la Mauritanie, en tant que « pays voisins et observateurs ».
Le contexte sera donc différent de ceux l’ayant précédé, puisqu’on ne demande plus au Maroc de « bien vouloir », mais de s’asseoir à une table ronde, prélude à des pourparlers plus poussés, en présence des pays voisins que sont l’Algérie et la Mauritanie. Les États-Unis, et par le biais de son ambassadeur-adjoint, ne veulent plus du statut-quo au Sahara occidental en voulant accélérer  le processus des négociations et au bout l’autodétermination pour le peuple du  Sahara occidental et la libération du joug  de l’occupant marocain