A quelques jours de l’Aïd El Adha, une certaine frénésie est perceptible dans les rues, quartiers, commerces et places publiques. L’on se prépare à la fête du sacrifice, une fête éminemment familiale faite de générosité et d’altruisme. 

Diverses activités saisonnières, parfois exercées illégalement mais visiblement tolérées par les autorités, font leur apparition. La vente de foin, de charbon et l’aiguisage de couteaux sont quelques-uns de ces métiers qui fleurissent à l’approche de la fête, donnant à l’espace public une ambiance toute particulière. Des activités saisonnières qui gagneraient à être régulées par l’Etat pour un minimum d’ordre et d’hygiène. La juxtaposition de la fête de l’Aïd El Adha avec la rentrée scolaire met les budgets des citoyens sous pression. L’acquisition d’un mouton est devenue, sans jeu de mots, un véritable sacrifice notamment avec les prix pratiqués par des maquignons, qui profitent de cette occasion annuelle pour faire des bénéfices sans aucune complaisance pour leurs coreligionnaires. L’espace public, déjà en piteux état durant l’année, subit un énième préjudice. Certaines pratiques font désormais partie du paysage citadin, à la veille de chaque Aïd el Adha : les enclos de vente de moutons à même les cités d’habitation, le négoce des bottes de foin sur les trottoirs. L’absence de l’Etat et des services municipaux concernés par l’hygiène et l’ordre dans la cité est devenu palpable, atteignant des niveaux inquiétants. Il est particulièrement consternant que les autorités concernées se limitent aux sempiternels appels à la précaution hygiénique concernant le kyste hydatique et autres collectes de peaux de mouton. Pourquoi ne pas réfléchir à des moyens innovants pour passer un Aïd dans de bonnes conditions comme c’est le cas dans d’autres pays musulmans, à l’instar de la Turquie et de l’Indonésie ? Pour une fête dans l’hygiène et la propreté digne de notre religion. Celle qui enseigne que la propreté fait partie de la foi.