La Fédération nationale des boulangers (FNB), une entité affilée à l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCCA), s’exprime sur la hausse sauvage du prix du pain à 15 DA la baguette, décidée par des boulangers dans certaines wilayas du pays.

Contacté par nos soins, le président de la FNB, Youcef Kelfat, a affirmé que la démarche d’augmenter les prix du pain est une décision prise en dehors des structures de son organisation. « Nous n’avons pas appelé à cette hausse. C’est une démarche décidée par des boulangers sans revenir à leurs syndicats professionnels », a-t-il indiqué. Avant de préciser que cette hausse concerne pour le moment cinq wilayas seulement, à savoir Batna, Béjaïa, Tizi Ouzou, Tipasa et Oran. « C’est un acte isolé », dit-il. Toutefois, il affirme que son organisation comprend parfaitement la colère des boulangers frondeurs. « Nous n’avons pas appelé à la révision du prix du pain, mais il faut dire la vérité, les boulangers ne peuvent plus supporter les coûts de revient actuels. Il est quasiment impossible d’arriver à l’équilibre dans ces conditions », a-t-il noté. Pour lui, le boulanger algérien est coincé entre le marteau des coûts et l’enclume des lois qui fixent les prix. « Tous les prix des intrants du pain, à l’exception de la farine, connaissent une hausse continue. Comment voulez-vous maintenir le même prix de vente », s’interroge-t-il. « La levure augmente sans cesse, de même pour les salaires, l’énergie et les tarifs d’assurance. Il faut que les gens comprennent aussi cette situation », demande-t-il. Commentant les réactions de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce), Youcef Kelfat se dit étonné par la campagne de dénigrement dont ont fait objet les boulangers. « Pourquoi cette association n’a pas réagi lorsque tous les intrants du pain ont augmenté ? Pourquoi elle s’acharne de cette manière contre les boulangers qui n’arrivent plus à couvrir leurs charges avec les prix actuels ?» s’interroge notre interlocuteur. Pour les solutions, le président de la FNB propose l’augmentation de la subvention dédiée à la farine de pain.
« Nous ne demandons pas une augmentation des prix du pain, mais une baisse des prix de la farine cédée actuellement à 2 000 DA le quintal », propose-t-il. Il ajoute : « Le prix de revient de la baguette est de 9,4 DA et son prix de vente est de 10 DA. La solution est de réduire les prix de la farine pour permettre aux boulangers d’améliorer leur marge et d’éviter la fermeture ». D’après lui, sans cette mesure, tous les boulangers du pays vont fermer. « Les pouvoirs publics ainsi que l’association des consommateurs doivent comprendre qu’aucun boulanger ne peut résister au-delà de janvier prochain, si la situation reste en l’état », prévient-il. Il fait savoir dans ce cadre que 2 000 boulangers ont déjà mis la clé sous le paillasson entre janvier et décembre de cette année. Pour éviter de nouvelles fermetures et trouver une solution à cette crise, il nous fait savoir que son organisation va déposer aujourd’hui dimanche une demande d’audience au ministre du Commerce. « Nous avons tout au long du week-end essayé de joindre les responsables du ministère du Commerce, mais ces derniers étaient tous injoignables. Nous allons déposer dimanche une demande d’audience au ministre pour tenter de trouver une solution ensemble à ce problème », a-t-il indiqué. Commentant la déclaration du ministre du Commerce Mohamed Benmeradi, qualifiant la démarche des boulangers d’illégale, notre contact demande à ce dernier d’agir vite avant qu’il ne soit trop tard. « Tous les ministres qui se sont succédé à la tête du département du Commerce nous disent la même chose à chaque fois nous soulevons le problème des marges des boulangers. Il faut des décisions urgentes », dit-il.