Le secteur des hydrocarbures peine à sortir du cercle vicieux des contreperformances dans lequel il s’est embourbé depuis maintenant plusieurs années. Le choc pandémique, qui a mis à genoux nombre de compagnies pétrolières, n’a fait qu’aggraver les difficultés que traverse le secteur des hydrocarbures en Algérie.
En témoignent d’ailleurs les chiffres communiqués, samedi, par le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, auditionné par la Commission des finances et du budget de l’APN, dans le cadre de l’examen du projet de Règlement budgétaire 2018.

Selon lui, la production nationale d’hydrocarbures devrait enregistrer à la fin de l’année en cours une baisse de 8% par rapport à 2019 en se stabilisant autour de 143 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP). «Les chiffres de 2020 font ressortir un recul de la quasi-totalité des indicateurs du fait des répercussions de la pandémie du Coronavirus, qui a fortement impacté l’activité économique nationale», a précisé le ministre de l’Energie. Cependant, les contreperformances du secteur de l’Energie sont antérieures à la crise sanitaire liée à la propagation de la Covid-19. En effet, selon le bilan 2019 du secteur des hydrocarbures, diffusé récemment par le ministère de l’Energie, il est souligné que la production commerciale d’énergie primaire a atteint 157,4 millions de tonne équivalent pétrole (TEP) en 2019, en baisse (-4,8%) par rapport aux réalisations de l’année 2018. Entre 2019 et 2020, la production a ainsi chuté en volume de 14,4 de TEP. Le bilan du ministère fait ressortir un recul de 7,3% de la production du gaz naturel, -0,4% de pétrole brut, condensat (-7,6%) et GPL (-1,7%). Même si le ministre n’a pas communiqué les détails de la production du secteur en 2020, les baisses enregistrées en 2019 devraient naturellement s’aggraver, puisque le recul global de l’activité du secteur cette année est de 8% par rapport à 2019. La structure de la production d’énergie primaire commerciale reste dominée par le gaz naturel à hauteur de 54%. La baisse de la production dans le secteur ne date pas d’aujourd’hui, mais de plus d’une dizaine d’années, ce qui explique, en partie, les pertes de croissance et la faible contribution des hydrocarbures au PIB national. Au premier trimestre de l’exercice actuel, la valeur ajoutée des hydrocarbures a connu de nouveau une baisse importante de 13,4% contre une baisse de 7,1% durant le même trimestre de l’année précédente. Il est à noter que les prix des hydrocarbures ont connu de leur côté une forte diminution de 16,9%, ce qui implique une baisse nominale de 28,0% de la valeur ajoutée des hydrocarbures contre une diminution de 8,0% une année auparavant. Ces contreperformances s’expliquent, en partie, par l’évolution négative du potentiel en hydrocarbures conventionnels. Mais pas seulement. L’amont pétrolier et gazier connaît une situation de désinvestissement asphyxiante, due essentiellement aux contraintes imposées par la précédente loi sur les hydrocarbures, alors que l’actuelle, adoptée il y a déjà une année, est inopérante, faute de textes d’application qui ne sont pas encore publiés. Le premier responsable du secteur a assuré récemment que 43 textes d’application relatifs à la nouvelle loi sur les hydrocarbures, adoptée en 2019, doivent voir le jour avant la fin de l’année en cours. Sauf que le pays fait face également à un contexte mondial ne favorisant aucunement la reprise de l’industrie pétrolière, marqué par la chute des cours du brut et la faiblesse de la demande mondiale de pétrole. <