La production de pétrole en Russie est en train de prendre de l’expansion, alors que les prix du pétrole brut sont restés enfermés dans une fourchette étroite ces derniers mois. Moscou ne sera-t-elle pas tentée de rouvrir les vannes et d’engranger plus de revenus ? Si elle le fait, cela va, à coup sûr, entraîner des répercussions négatives importantes sur les marchés.

La question demeure préoccupante, étant donné que l’accord de limitation de production, liant l’Opep et ses partenaires dont la Fédération de Russie, est fragile et que personne ne peut garantir, aujourd’hui, que l’Opep+ ne rencontrera pas d’obstacle majeur. Les chiffres sur la production de pétrole en Russie sont éloquents : la production devrait en effet se situer entre 556 et 557 millions de tonnes cette année, c’est-à-dire entre 11,17 et 11,19 millions de barils par jour. Ces indications ont été fournies vendredi, 26 juillet, par le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, lors de sa visite en Turquie. Novak a toutefois tenté de minimiser les risques que pourrait impliquer une production en hausse constante dans son pays, en assurant que la Russie ne s’éloigne pas du chemin consistant à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de l’Opep+ et à stabiliser les marchés. Il a souligné que son pays était déterminé à maintenir la production mensuelle moyenne de pétrole conformément à l’accord global, mais que son niveau pourrait fluctuer au cours du mois en raison de différents facteurs. Dans le cadre de cet accord mondial, la Russie s’est engagée à réduire sa production de pétrole de 11,41 millions de barils par jour, soit une baisse de 228 000 barils par jour. Bien qu’allié à l’Arabie saoudite pour soutenir les cours, Moscou a très peu limité ses volumes. La production russe fluctue à la hausse, parce que des sociétés privées surproduisent et les autorités ferment les yeux. Cela a toujours été le cas dans le secteur pétrolier dans le pays. L’extraction pétrolière a atteint en moyenne 11,16 millions de barils par jour en 2018, le record étant de 11,42 millions de barils par jour en 1987. La production de pétrole russe se rapproche inexorablement de son pic historique, qui remonte à l’époque soviétique. L’année dernière, l’extraction a atteint 11,16 millions de barils par jour en moyenne sur les douze mois, selon les chiffres publiés par le ministère russe de l’Energie. Une statistique à comparer avec le record soviétique de 11,42 millions de barils par jour atteint en 1987, à une époque où le prix du baril était en chute libre. La production de pétrole avait alors suivi, divisée par deux entre 1988 et 1995. Il est utile de rappeler que l’Opep et ses alliés ont prolongé, début juillet, de neuf mois l’accord de limitation de production.
L’Opep se donne traditionnellement des objectifs pour seulement six mois, l’objectif serait, en se fixant un engagement jusqu’à début 2020, d’offrir une visibilité accrue aux marchés. « Nous croyons que nos accords de stabilisation de l’offre ont eu un effet positif », argumentait, il y a quelques semaines, Vladimir Poutine. La stratégie de l’Opep+ s’est jusqu’ici révélée payante, puisque le prix du baril de Brent a pris environ 22% depuis janvier. Jeudi dernier, les prix du pétrole ont terminé en petite hausse, les investisseurs restant sensibles à tout soubresaut dans la région du Golfe persique et continuant à digérer un rapport montrant une chute des stocks de brut aux Etats-Unis. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’est ainsi apprécié de 18 cents, ou 0,3%, pour clôturer à 63,39 dollars. A New York, le baril américain de WTI pour livraison à la même échéance a gagné, lui, 14 cents, ou 0,3%, pour finir à 56,02 dollars. La nouvelle attaque contre l’Arabie saoudite a probablement aidé, car elle porte à nouveau l’attention des investisseurs sur la situation géopolitique tendue dans la région.