Avec l’annonce, hier, des résultats de l’examen du baccalauréat 2020 et son lot de joie et de satisfaction chez les lauréats, dont le taux national d’admission est estimé à 55,30 %, c’est l’année scolaire qui a pris fin avec cette particularité d’avoir poussé la tutelle à concocter un calendrier inédit pour assurer les épreuves de fin d’année à cause de la crise sanitaire.

Cette fin d’année s’est distinguée incontestablement par la polémique née de la décision ministérielle de réduire à 9/20 la moyenne d’admission au baccalauréat, une décision qui a suscité la désapprobation quasi-générale auprès de larges pans de la société.
Universitaires, organisations syndicales, acteurs associatifs, citoyens lambda ont critiqué la décision annoncée publiquement par le ministre de l’Education nationale, qui n’a pas encore apporté d’explication à la longue série de critiques formulées par divers canaux d’expression.
A l’évidence, le taux de réussite à 55 % en situation normale n’aurait pas été accompagné d’une telle curiosité si ce n’est cette décision de passage à 9/20 que la tutelle a motivée par le contexte sanitaire exceptionnel dû à la crise de la Covid-19.
Mais, au-delà de l’appréciation que l’on peut se faire de la décision de la tutelle, le taux de 55 % de réussite au niveau national atteste, de manière directe ou indirecte, de la faiblesse des candidats ou, du moins, de leur impréparation à passer les épreuves du Bac.
Car si l’on regarde du côté des 45 % de recalés – auxquels il faut ajouter les lauréats qui ont obtenu entre 9 et 10 -, on se rend compte qu’un grand contingent de candidats a été dans la difficulté à l’heure de l’examen.
Sans doute que la crise sanitaire a impacté le déroulement de l’année scolaire interrompue dès le mois de mars, ce qui a contraint notamment les candidats au baccalauréat à s’éloigner de leurs établissements et de leurs habitudes de scolarité et à renouveler leur motivation en vue des épreuves programmées, une fois n’est pas coutume, au mois de septembre. Mais, ce serait manquer le cœur de la question que de s’attarder sur la raison sanitaire. Ce serait aussi faire preuve de légèreté devant une question fondamentale. Car, en attendant le point du ministre, il y a manifestement nécessité, voire urgence, de voir ce qui a été accompli et ce qui ne l’a pas été en matière de réforme du système éducatif.
L’urgence est ainsi dictée par les indicateurs qui énoncent les résultats communiqués et qui exigent, sans le moindre doute, la lecture la plus adaptée et rationnelle possibles. Mais elle est également signalée par le fait que la question de la réforme prend de l’âge. On ne se rend pas compte que la réforme a consommé plusieurs ministres (Benbouzid, Baba Ahmed, Benghabrit, Belabed), mais il faut bien admettre que 20 ans, c’est beaucoup dans la vie d’une école.
D’autant plus que les questions relevant du pédagogique et du didactique de l’enseignement tendent à s’accélérer à mesure que les nouvelles technologies deviennent des outils essentiels et incontournables dans la vie des écoles. Cette accélération technologique annonce, en effet, que l’Algérie ne peut plus laisser le temps filer et son école évoluer au gré des humeurs de certains responsables.
L’intrusion, avec fracas, de la Covid-19, comme un élément nouveau de la vie scolaire, a sonné l’urgence – encore une – de réunir les conditions de l’enseignement à distance, un mode d’enseignement rendu nécessaire suite à l’impossibilité pour les établissements d’assurer la continuité des cours en mode présentiel.
Le premier responsable du secteur de l’Education nationale est, à ce titre, attendu sur cette question pour une identification des facteurs ayant participé à l’échec de cette expérience. Comme il est attendu également sur une évaluation globale du déroulement de l’année scolaire en temps de pandémie et les préparatifs en cours pour la rentrée scolaire 2020-21 pour laquelle sont déjà annoncés des « plans exceptionnels » qui seront à l’œuvre dès mercredi prochain avec la rentrée des élèves du cycle primaire.
Pour revenir aux chiffres du bac exceptionnel de cette année, avec un taux national de 55,30%, les résultats selon les filières font ressortir que celle des mathématiques arrivent en tête avec un taux de réussite de 80,22%, suivie des langues étrangères avec un taux de 67,78%, la filière technique mathématique avec 58,48%, sciences expérimentales avec 56,97% puis la filière littéraire et philosophie avec un taux de 52,60 et enfin gestion et économie avec 38,09%. n