Le début de la production locale du vaccin chinois anti-Covid-19 en Algérie à l’unité Saidal de Constantine est finalement acté avec l’annonce de la date du 29 septembre par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Djamel Benbahmed.

PAR INES DALI
«La production effective du vaccin anticoronavirus devrait débuter le 29 septembre en cours», a-t-il affirmé vendredi à l’APS, précisant que les prévisions tablent sur la production de 1 million de doses au mois d’octobre prochain», avant d’aller crescendo.
C’est tant bien que mal que l’échéance de septembre sera donc respectée, si l’on se réfère au fait qu’elle interviendra la veille de la fin du mois. La production devra débuter avec un million de doses en octobre, alors qu’initialement, à l’annonce du projet et même à travers les différentes déclarations faites ultérieurement, il était prévu une production de 2 millions de doses du vaccin du producteur chinois Sinovac (CoronaVAc) en septembre.
Un petit glissement de calendrier était prévisible il y a déjà quelques temps, si l’on se réfère au communiqué des services du Premier ministère ayant sanctionné la réunion du 4 septembre, dans lequel le ministre de l’Industrie pharmaceutique avait, lors de son exposé, affirmé que «tous les moyens ont été mobilisés pour faire réussir ce projet dont l’entrée en production est prévue pour les prochaines semaines», sans évoquer, cette fois-ci, l’échéance de septembre.
Ce qui a eu pour effet de poser plusieurs interrogations sur la capacité d’un début de production durant le mois courant, et fait réagir le département de Lotfi Benbahmed, qui a apporté des explications, relevant que la matière première a été réceptionnée le 27 août 2021» et que le temps écoulé, depuis, a été consacré à l’expertise biochimique.
«Les analyses biologiques et bactériologiques sont en cours et durent trois semaines», a détaillé le ministère dans un communiqué, ajoutant que «toutes les installations ont été aseptisées simultanément, selon le protocole de la production d’un produit injectable notamment d’un vaccin», comme l’anticoronavirus et que «le calendrier mis en place a été respecté, selon les délais impartis».
C’est dire que la partie était serrée et qu’il a fallu, certainement, de grands efforts pour être au rendez-vous de la fin de septembre pour le lancement de la production de l’anti-Covid-19 dont la mise sur le marché ne pourra avoir lieu qu’à partir du mois prochain. La production du vaccin chinois CoronaVac au niveau de l’unité de Constantine du groupe public Saidal est amenée à augmenter au fil des mois et, selon le ministre de l’Industrie pharmaceutique, les prévisions tablent sur «une production de deux (02) millions de doses en novembre, trois (03) millions en décembre et plus de 5,3 millions de doses à partir du mois de janvier 2022».
L’Algérie qui prévoit de vacciner 70% de la population de plus de 18 ans d’ici à la fin de l’année pour atteindre l’immunité collective ne peut pas compter sur la seule production locale qui, à son démarrage, ne pourra satisfaire le besoin national en anticoronavirus. C’est la raison pour laquelle le pays continuera à s’appuyer sur les importations dont les contrats y afférents ont déjà été signés. C’est, d’ailleurs, dans ce cadre qu’un contrat d’importation de pas moins de 15 millions de doses du vaccin Sinovac a été signé en juin dernier. Cette quantité devrait être réceptionnée vers la mi-octobre prochain pour assurer la continuité de la vaccination.
L’Algérie maintient ses prévisions d’exportation vers l’Afrique
Pour en revenir à l’unité de Saidal, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a donné d’autres informations sur sa production en coopération avec la société pharmaceutique chinoise Sinovac, indiquant que ses capacités de production sont de «320.000 doses par jour sur un shift de 8 heures, soit huit (08) millions de doses par mois». «Nous avons un plan de charge de production de 65 millions de doses par an, donc, nous pouvons atteindre cette production sans toutefois augmenter les capacités de production (2 shifts) ou recourir à d’autres unités de production», a expliqué M. Benbahmed, assurant que «l’Algérie pourrait arriver à produire 200 millions de doses par an avec l’unité de Saidal à Constantine». Il a ajouté que «l’Algérie dispose des capacités industrielles et humaines pour pouvoir répondre, à la fois, aux besoins du pays et à ceux d’une grande partie du continent africain».
Il a rappelé, dans ce sens, que son ministère a été chargé, en application des instructions du président de la République, de produire
localement le vaccin anti-Covid afin «d’assurer notre souveraineté sanitaire et répondre à la demande du plan de vaccination mis en
place par notre pays», notant également la possibilité «d’aider les pays amis du continent à pouvoir répondre à leur propre plan de vaccination».
Soulignant que l’unité de production de Saidal dispose d’une «longue expérience» en matière de production des médicaments stériles, il a rappelé que la matière première nécessaire à la production de ce vaccin a été reçue à la fin du mois d’août passé, permettant ainsi le lancement du processus de fabrication et l’enclenchement des étapes qui précèdent la production effective du vaccin, conformément aux normes internationales, notamment la mise en place des installations nécessaires et la stérilisation.
Le projet de production du vaccin CoronaVac en Algérie a été initié en juin dernier avec le partenaire chinois Sinovac. Il a été piloté par un comité installé au niveau du ministère de l’Industrie pharmaceutique, comprenant en outre des représentants du ministère des Affaires étrangères, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Institut Pasteur Algérie, ainsi que de nombreux universitaires de différentes grandes universités d’Algérie avec pour mission l’accompagnement du groupe Saidal à l’aboutissement de ce projet. <