La présidente de la commission culture de l’Assemblée populaire nationale (APN), Noura Labiad, ne voit pas d’un mauvais œil la réduction des budgets consacrés aux festivals annoncé par le ministre du secteur Azzeddine Mihoubi.

« Il s’agit d’une rationalisation des dépenses », a d’emblée estimé la députée du Rassemblement national démocratique (RND) de Mila. Avant de préciser qu’« il faut absolument qu’on arrive à mettre en application cette rationalisation des dépenses dans tous les domaines et secteurs y compris la culture». Elle expliquera dans ce cadre que «notre objectif est de surpasser la crise avec tous les moyens possibles et imaginables». Comment ? «Nous devons nous aider et travailler ensemble pour réduire les dépenses superflues». Selon elle, «nous étions dans une aisance financière et nous dépensions à hauteur de nos moyens». Avant de faire remarquer : «Mais actuellement, il y a la crise. Et il ne faut donc pas vivre au-dessus de ses moyens.» Elle fera remarquer que «le ministère de la Culture n’est pas un département qui jouit d’une autonomie financière et qui peut compter sur lui-même».
Tout en estimant que «nous devons créer des richesses dans tous les domaines y compris dans le secteur de la culture». Elle expliquera : «J’ai une grande confiance en le ministre de la Culture» arguant que «c’est un enfant du secteur». «Le ministre réfléchit aux intérêts du citoyen», soutient-elle. Questionné par rapport à la pénalisation des citoyens à travers la réduction du budget de la culture, elle indiquera : «Je ne pense pas que le citoyen sera pénalisé par la réduction du budget de la culture.» Par ailleurs, le député du parti de Ouyahia estime que la crise est conjoncturelle et qu’« on ne peut s’adonner à des dépenses qui ne sont pas prioritaires ». « Je pense qu’après deux ans, la crise sera derrière nous et nous reviendrons à l’état naturel des choses», soutient-elle. Pour rappel, s’exprimant lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan 2016 de son secteur, lundi dernier, Azzeddine Mihoubi a annoncé une baisse des budgets alloués aux festivals culturels jusqu’à 50%, en 2017 afin de «préserver les équilibres financiers», a-t-il argué. « Cette réduction de 20 à 50% des budgets s’inscrit dans le cadre de la politique de rationalisation des dépenses et du suivi des subventions publiques allouées aux établissements culturels.» Sans plus de détails sur les festivals touchés par les réductions annoncées, M. Mihoubi a assuré que cette nouvelle révision à la baisse «n’aura pas d’impact sur leur organisation », réitérant l’engagement de l’Etat dans la promotion de la culture.