Le président du Conseil de la Nation (Sénat) a rendu hommage, hier, à l’ancien ministre du Commerce, Bakhti Belaib, décédé jeudi dernier à Paris après avoir courageusement lutté contre une longue et cruelle maladie.

« J’ai appris avec affliction le décès de notre frère et ami Bakhti Belaïb dont le parcours a été riche en apport et en contributions au service de la nation à partir des hautes responsabilités qu’il a assumées en tant que cadre puis ministre du Commerce », a déclaré M. Bensalah dans un message de condoléances adressé à la famille du défunt, un des premiers qu’on a pu lire hier des hautes personnalités de l’Etat et du gouvernement dans le cadre des hommages rendus au ministre disparu. Il y en a certainement d’autres alors que le ministre défunt s’apprête à rejoindre sa dernière demeure aujourd’hui après un long et remarquable parcours de haut commis de l’Etat et de responsable qui a été pratiquement contemporain des grands bouleversements qu’a connus le pays depuis le début des années quatre-vingt.
Le président du Conseil de la Nation a rappelé que le défunt « s’était acquitté des missions qui lui ont été confiées avec beaucoup de dévouement et de mérite gagnant le respect et la considération de tous ». Il n’a cependant pas fait mention de son action au sein de leur parti commun, le RND, pour lequel M. Bensalah est une figure importante et un chef entre 2012 et 2015 : une séquence durant laquelle M. Belaïb s’était singularisé par une tranquille mais franche opposition à Ahmed Ouyahia, l’actuel chef du parti et directeur de cabinet du président de la République. Il n’a pas insisté non plus sur l’action de M. Belaïb quand l’Algérie était confrontée à l’islamisme armé et que des patriotes comme lui, en politique comme sur le théâtre des armes, militaient pour que l’intégrisme ne passe pas…
Si M. Bensalah n’a pas fait mention dans son message de l’attitude très critique qu’avait M. Belaïb, en particulier durant la séquence 2012-2015, c’est sans doute parce que les circonstances ne permettent pas de parler de politique quand l’heure est à la douleur et au deuil. Le président du Sénat, par ailleurs, très économe dans son discours sur son parti, n’est pas de ceux qui en rappellent les remous et les turbulences que sa formation a connues. Les politiques, par ailleurs, n’aiment pas tellement ressasser les échecs personnels ou de ceux du courant politique qu’ils défendent. Il reste alors l’histoire et la mémoire qui, implacablement, rappellent les faits et les entremêlent dans de curieuses et troublantes coïncidences qui nous claquent à la figure cette vérité cinglante du temps qui passe . Bakhti Belaïb s’en est allé alors qu’on se souvient de l’assassinat de Abdelhak Benhamouda, figure charismatique de l’UGTA, membre fondateur du RND.