La journée d’étude, organisée hier par le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE, ex-CNES) en hommage au sociologue M’hamed Boukhobza est des plus significatives. Le temps d’un événement, plusieurs aspects peuvent être mis en avant. Il y a évidemment l’axe central de cette journée d’étude qui a été celui de la planification en économie, dont l’importance est reconnue à tous les niveaux mais qui, concrètement, demande à être mieux valorisée. L’exécutif est d’ailleurs «défaillant» dans ce secteur. Il suffit de voir la composante de l’actuel gouvernement pour constater l’absence d’un ministère dédié à la planification. Cette «omission» n’est pas récente, mais elle est loin d’être irréfléchie. La planification ne semble pas être une priorité méritant un département ministériel. Au contraire, elle a été parmi les premières victimes du dernier remaniement ministériel. Pas la planification exactement, mais plutôt un autre outil d’aide à la décision gouvernementale, très proche dans la «perception», la prospective, en l’occurrence.
Effectivement, il y avait dans le gouvernement Djerrad I (du 4 janvier au 23 juin 2020) un ministre délégué aux Statistiques et à la Prospective, Bachir Messaitfa. Ce dernier n’aura duré que 5 mois et 19 jours. Il sera remplacé, dans le gouvernement Djerrad II (23 juin 2020 au 21 février 2021) par Mohamed Chérif Belmihoub, avec, cette fois, les Statistiques en moins. Près de huit mois plus tard, ce portefeuille ministériel a été tout simplement effacé. Ni statistiques ni prospective et encore moins planification n’ont de place dans le gouvernement Djerrad III. L’exécutif s’en est ainsi détaché, sans que cela ait pu faire (mais est-ce une surprise ?) une «once» de remous, que ce soit médiatiquement ou encore politiquement.
Toutefois, cette mise à l’écart peut être une occasion en or pour valoriser le travail des Think Tank.
L’un d’eux, en l’occurrence le CNESE, a bien saisi l’opportunité en organisant cette journée, dont les travaux (il faut toujours l’espérer) devront donner des résultats concluants et sur lesquels l’exécutif pourra travailler. Un autre Think Tank devrait également profiter de l’absence de la planification au sein du gouvernement, pour se l’approprier et y travailler. Il s’agit de l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG), dont le Directeur, entre mars 1993 et juin 1993, était – avant qu’il ne soit assassiné – un certain M’hamed Boukhobza.