Encore une fois, Alexandre Oukidja a brillé. Dimanche, pour le déplacement chez l’Olympique lyonnais pour le compte de la 20e journée de Ligue 1 UberEats, le portier du FC Metz a sorti un grand match pour permettre aux siens de ne pas encaisser et revenir avec trois précieux points. Avec la constance qu’il affiche depuis la saison écoulée, celui qui a toujours été la doublure de M’Bolhi en sélection pourrait peut-être détrôner Raïs du poste de numéro 1 prochainement.

Bien qu’on ait toujours eu l’impression qu’il sera un éternel second, Oukidja pourrait grandement faire changer d’avis à Djamel Belmadi. Son excellent rendement et la forme qu’il affiche depuis une année risquent d’embarrasser le driver de l’EN qui dispose là de deux choix de portiers. Le premier est m’Bolhi avec son expérience et son aura. Quant au second, il est incarné par Oukidja qui montre plus de certitudes intrinsèquement et quand on considère les capacités «gardiénistiques» pures.

Le respect d’empêche pas le détrônement
Ce dilemme naissant a certainement commencé à tracasser le coach d’«El-Khadra» depuis un bon moment. Même s’il a toujours, de par sa confection du 11, montré que M’Bolhi est son choix de prédilection. Cependant, le dernier rempart d’El-Ittifaq, qui aura 35 ans en avril, ne présente pas les mêmes garanties qu’avant. D’ailleurs, lors de la dernière rencontre face au Zimbabwe à Harare, il était fautif sur le premier but (sortie ratée sur corner) et impuissant sur le deuxième sur coup franc.
L’on se pose donc des questions sur les aptitudes de M’Bolhi qui n’est pas plus rassurant avec son club en Arabie saoudite. Un seul clean sheet enregistré et 17 buts concédés en 9 apparitions avant qu’il ne se blesse début janvier. En tout, il totalise 930 minutes de jeu, ce qui fait qu’il soit compétitif mais pas imperméable sur sa ligne. Et c’est ce qui peut changer la donne pour Oukidja.
Ce dernier avait affiché son ambition de se faire de la place dans le onze des Fennecs. Surtout qu’à32 ans, c’est le moment pour lui de «percer» en sélection. «Le poste de numéro 1 ? Oui c’est une ambition mais j’ai un grand respect pour mes concurrents qui sont devant moi. Je les ai beaucoup regardés au début, maintenant que j’ai quelques rassemblements derrière moi on se parle normalement. Je travaille au FC Metz pour être performant afin d’espérer faire quelques matches en sélection mais il y a de la concurrence», a-t-il lâché en avril dernier.

Titulaire en mars ?
Pour montrer sa progression et son potentiel, il faut savoir qu’il a été élu dans les buts du XI européen établi par les boîtes spécialisées en statistiques et évaluation des joueurs. Logique lorsqu’on sait qu’au terme de la saison 2019-2020 il avait gardé sa cage propre à 8 reprises en 28 journées de Ligue 1 française. Il avait aussi réalisé 153 arrêts et 93 sauvetages. Personne en championnat de France n’a fait mieux. Et quand on joue dans l’un des cinq grands championnats européens, on devient un candidat crédible pour le poste en équipe nationale.
Pour la séquence en cours, il garde les mêmes standards et confirme ses prestations d’avant. Il compile 6 clean sheets en 19 rencontres durant lesquelles il était allé chercher la balle au fond de ses filets à 16 reprises faisant de lui le 4e portier qui encaisse le moins de buts/matchs (0.9) derrière Keylor Navas (0.5/Paris Saint-Germain), Mike Maignan (0.8/Lille OSC) et Anthony Racioppi (0.8/Dijon FCO). Quand on évolue dans une équipe qui ne joue pas les premiers rôles, cela représente un exploit véritable. Tous ces éléments assemblés confortent les chances d’Oukidja de convaincre Belmadi de considérer l’éventualité de le placer devant dans sa hiérarchie. C’est ce qu’on saura dès mars prochain avec les deux dernières journées des éliminatoires de la CAN-2021 pour laquelle les Verts sont déjà qualifiés. Et comme le successeur de Rabah Madjer avait indiqué qu’il utilisera ces deux sorties pour donner la chance aux seconds couteaux, il faut s’attendre à voir Oukidja aligné d’emblée. A lui de faire ses preuves.