Depuis sa création en 1930, la Coupe du Monde de football s’est toujours déroulée toutes les quatre années. Mais voilà que l’idée d’organiser le tournoi tous les deux ans émerge. Une éventualité qui a des chances de se produire si l’on croit le président de la Fédération internationale de football (FIFA). Gianni Infantino semble ouvert à cette idée qui sera soumise aux différents membres affiliés à l’instance.

Par Mohamed Touileb
Le football est une grosse machine à cash ! Surtout quand il s’agit d’évènements d’envergure comme la Ligue des Champions, les Coupe continentales des nations et, bien évidemment, la Coupe du Monde.
D’habitude, cette dernière se fait désirer étant un rendez-vous quadriennal. C’est ce qui fait d’ailleurs son charme car c’est un évènement peu récurrent donc qui déchaîne les passions car il suscite beaucoup de patience. Mais voilà que les Saoudiens ont relancé l’idée soumise par Arsène Wenger il y a quelque temps.

Page blanche et gribouillage
En marge du 71e Congrès de la FIFA tenu vendredi par visioconférence, 166 fédérations ont approuvé l’étude du projet contre 22 refus. Ainsi, il n’est pas à écarter que cette formule biennale soit actée prochainement. Mais avant cela, il va falloir en savoir un peu plus sur sa faisabilité. En effet, cela implique un changement radical dans le calendrier des matchs internationaux et les dates FIFA.
«Arsène Wenger a lancé cette idée il y a quelque temps. On verra, on va en discuter et analyser ça. Mais l’aspect sportif est la priorité, pas l’aspect commercial. Il n’y a pas besoin d’être Einstein pour savoir que si vous passez à une Coupe du monde tous les deux ans, vous allez doubler les revenus. Il faut qu’on voit d’abord si cela fait sens d’un point de vue sportif», a déclaré Infantino.

Surexploitation des footballeurs
Par ailleurs, les clubs et les joueurs pourraient s’opposer à cette modification qui rendra l’agenda sportif très dense. Cela risque même de mettre en péril leur santé physique. D’autant plus que tous les championnats continentaux pourraient, eux aussi, être soumis à cette même périodicité. Pour l’instant, tout est «d’une page blanche» sur ce sujet très conflictuel parmi les acteurs du foot mondial. Comme l’assure le boss de la FIFA.
Le successeur de Sepp Blatter, «le point de départ n’est pas : le calendrier est plein, donc rien ne change.» La refonte du paysage footballistique chez les clubs et les sélections paraît, tout de même, comme un aboutissement inévitable pour un football qui a subi beaucoup de pertes en raison de la pandémie de la COVID-19. A partir de là, maximiser les gains pour les années à venir pourrait être une solution. Et c’est les organismes des joueurs qui pourraient en pâtir tant l’exigence dans les compétitions majeures, surtout en termes de concentration et de répétition des efforts.
Somme toute, cela paraît une idée excitante dans la forme. Mais, dans le fond, il n’est pas certain que les différents acteurs, notamment les footballeurs, cautionnent cette «révolution» qui pourrait faire penser à une surexploitation sans précédent. n