Le président de la Commission électorale libyenne, Imad Al-Sayeh, a confirmé que les prochaines élections présidentielles et législatives se tiendraient avant le 30 septembre 2018. Un processus politique d’une grande importance pour ce pays toujours dans l’instabilité.

«Le processus d’inscription des électeurs se déroule bien. Environ un million d’électeurs se sont déjà inscrits, et le nombre continue d’augmenter », a déclaré Al-Sayeh. La Libye reste au cœur de tractation et d’efforts de plusieurs pays afin d’arriver à un consensus politique entre les acteurs internes toujours en désaccord. Le chef de la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) le Libanais Ghassan Salamé, a proposé en septembre un plan d’action pour mettre fin à la crise politique qui secoue ce pays et qui l’empêche de revenir à une situation de stabilité. Le recours à l’organisation de scrutins électoraux reste important à condition de préparer l’environnement politique adéquat. Le plan onusien prévoit l’amendement de l’accord politique libyen actuel et l’organisation des élections législatives et présidentielles. C’est-à-dire le passage à une plate-forme nouvelle qui tiendrait sa légitimité de l’urne et qu’aucune partie ne saurait rejeter. « Tous les Libyens ont le droit de participer aux élections tant qu’ils ont un numéro national », a annoncé Al-Sayeh. Une déclaration qui a été comprise implicitement que les partisans et les responsables de l’ancien régime avaient également le droit de participer aux prochaines élections. « Actuellement, il n’y aucune loi qui détermine les conditions pour les candidats. Nous attendons l’approbation d’une telle loi », a-t-il ajouté. « Conformément au plan d’action proposé par l’ONU, tout le monde peut participer aux élections et il n’y a aucun étiquetage ni classification », a expliqué Al-Sayeh. En effet, la question sur la possibilité de la participation de Seïf Al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien président Mouammar Kadhafi, aux élections reste en suspens. Cette participation n’a pas encore été tranchée par ses partisans malgré une volonté manifeste de voir l’ancien homme fort du système Kadhafi revenir au-devant de la scène. Une éventualité qui serait un véritable retournement de situation en Libye.

L’ombre de Kadhafi
Le 20 octobre 2011, Mouaamar Kadhafi est lynché par la foule après les frappes de son convoi par l’Otan. Trois de ses fils sont morts cette même année. Depuis, plusieurs membres de sa famille sont aussi entre les mains de la justice ou ont été forcés à l’exil. Seïf Al-Islam a été président de la Fondation internationale Kadhafi pour la charité et le développement, il a été dans les années 2000 l’un des principaux émissaires de la Jamahiriya au niveau international. Partisan déclaré d’une réforme du système politique libyen, il a été souvent présenté comme le successeur potentiel de son père. Cependant durant la révolte de 2011, Seif Al-Islam s’est illustré par un discours dur contre certaines régions de Libye, ce qui lui a valu l’inimité de plusieurs tribus. Durant sa captivité, il sera amputé de plusieurs doigts. Des informations sur son éventuel retour se font de plus en plus pressantes dans une Libye qui semble se chercher sous fond d’interventions étrangères multiples directes et indirectes. Les efforts diplomatiques vont bon train afin de maintenir l’exigence d’un retour à la politique, afin d’éviter l’usage des armes. La Tunisie a récemment abrité des réunions des représentants des partis politiques libyens, réunions parrainées par l’ONU pour introduire un amendement à l’accord politique en vigueur. La tripartite Algérie-Tunisie-Egypte soutient toujours également un règlement concerté de la crie libyenne. Depuis l’intervention de l’Otan en 2011 qui a renversé le régime de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, la Libye a basculé dans l’instabilité. Le pays s’efforce depuis d’effectuer une transition démocratique toujours entravée par les divisions politiques et les troubles internes.