Le risque d’une Les chiffres communiqués quotidiennement sur les nouvelles contaminations au coronavirus, après quelques jours de baisse, où ils ont pu se stabiliser en dessous des 400 cas par jour, continuent toutefois d’évoluer en dents de scie. Ce qui n’est pas pour rassurer complètement les professionnels de la santé. Ces derniers restent toujours prudents et se réfèrent à ce qui se passe actuellement dans de nombreux pays à travers le monde, où une recrudescence de la pandémie est apparue ces derniers jours.
PAR INES DALI
En Algérie, les chiffres qui continuent de monter et de descendre de façon régulière traduisent que le pays est dans une situation de «stabilité» toujours «relative». Cette stabilité relative n’écarte cependant pas «le risque d’une recrudescence» et tous les citoyens doivent rester sur leur garde car «la santé publique est l’affaire de tous».
C’est l’avis du Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, qui soutient qu’«on ne s’en sortira pas de cette crise sans le respect des gestes barrières». Il en veut pour preuve ce qui se passe en Europe, où «les pays ont pratiquement tout ouvert sans obligation des gestes barrières comme le port du masque jusqu’à récemment, et nous voyons les résultats aujourd’hui».
En effet, de nombreux pays européens sont revenus à «des mesures rigoureuses» dernièrement, alors qu’il y a quelque temps, ils avaient «ouvert pratiquement tous les lieux fermés et autorisé la reprise de nombreux secteurs d’activité comme le tourisme», ajoute notre interlocuteur pour étayer ses propos. Résultat des courses, la pandémie est repartie de plus belle et «les chiffres enregistrés ont atteint ceux où la pandémie était à son apogée chez eux. Il y en a même qui ont enregistré de nouveaux records avec des milliers de cas par jour», explique-t-il encore.
D’où la solution qui peut réellement sauver le pays d’une telle situation est et restera «le respect des gestes barrières, à savoir porter le masque dans les lieux publics et garder une distance entre les individus», insiste encore Dr Bekkat Berkani qui estime qu’«en «l’Algérie, malgré le système de santé défaillant et avec les insuffisances qu’on lui connaît, les autorités ont pris des mesures très importantes dès le début». Il cite, entre autres, le port du masque rendu obligatoire qui, «même s’il n’a pas été suivi par une adhésion totale et générale, reste une mesure qui date tout de même de plus de trois mois, alors que dans certaines capitales et grandes villes européennes, ils viennent à peine d’adopter ces mesures à titre obligatoire, ils sont en décalage».
Pour Dr Bekkat Berkani, «les autorités algériennes ont su anticiper» et aujourd’hui, «il revient au président de la République, aux autorités et aux citoyens d’appréhender le risque que le pays encourt toujours» face à cette crise sanitaire qui perdure, non seulement en Algérie, mais à travers le monde entier.
«Les gestes barrières doivent entrer dans notre culture»
«L’Algérie n’est pas à l’abri d’une recrudescence ou d’une flambée des cas sans le strict respect des gestes barrières. Le risque est toujours présent», dit-il, tout en soulignant que le port du masque, notamment dans les grandes villes où il y a une forte densité, est respecté bien plus qu’auparavant. «Par exemple, quand on descend en ville, on constate qu’il y a une grande majorité de la population qui porte son masque, en particulier les femmes, ce qui est positif», a-t-il dit.
Aujourd’hui, tant que la crise sanitaire perdure, il nous faut faire «entrer dans notre culture le port du masque, le lavage des mains, la distanciation physique et sociale et tout ce qui s’ensuit», estime Dr Bekkat Berkani, qui est également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus en Algérie. «Je pense que c’est ainsi que nous réussirons à stabiliser la situation et ne pas retourner à la situation très difficile que nous avons connue», a-t-il affirmé, tout en rappelant la saturation des unités Covid au niveau des hôpitaux, ainsi que les dizaines de médecins et autres personnels soignants qui sont décédés lors de leur combat contre le coronavirus, sans oublier les plus de 1 500 personnes parmi les personnels de santé atteints par le virus.
C’est ainsi que l’«on doit absolument être bien préparé à la rentrée sociale» surtout avec le «retour progressif» aux activités de tous les jours si l’on veut «éviter une recrudescence» de la pandémie. «Maintenant que nous sommes revenus à une vie subnormale, avec toutes les ouvertures que nous avons eues, que ce soit les plages, les mosquées, les parcs de loisirs, les cafés et autres, la question qui se pose c’est par rapport à la rentrée sociale avec l’ouverture des écoles, universités, etc. Cela reste un grand point d’interrogation», a-t-il estimé, laissant entendre que les comportements durant la prochaine rentrée sociale seront importants et décisifs en cette période de pandémie. Et au président du Conseil national de l’Ordre des médecins de conclure que «le coronavirus, il ne faut plus le compter seulement en chiffres, mais en facteur de risque grave» avec lequel il faut composer et «ce que nous avons à faire, c’est de nous en tenir aux gestes barrières». n
recrudescence plane toujours sur l’Algérie