La question de ladéclaration comme maladie professionnelle la contamination du personnel de la santé par la Covid-19 est revenue sur le devant de la scène, avec la diffusion sur les réseaux sociaux d’une circulaire de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNAS) qui instruit les directeurs des infrastructures de la santé publique qu’être infecté par le nouveau coronavirus en milieu sanitairen’est pas reconnu comme un accident de travailouunemaladie professionnelle. Il est aussi précisé dans cette circulaire, dont la copie au niveau de la rédaction est datée du 12 août 2020, que le personnel mit encongé suite à la contamination à la Covid-19 est considéré comme un congé médical.

Cette annonce a eu l’effet d’une massue pour de nombreux professionnels de la santé dans des médecins, des paramédicaux et même des agents qui travaillent au sein des infrastructures hospitalières publiques qui avaient l’espoir que leur combat en première ligne face au coronavirus puisse leur garantir une protection sociale en cas de contamination dans le cadre de leur travail.
Contacté par téléphone, le docteur Mohamed Yousfi, président duSyndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP) et chef de service des maladies infectieuse de l’EPH de Boufarik,souligne quele SNPSSP avait déjà lancé des appels pour une réelle prise en charge de cette contamination professionnelle.
Il nous déclare à ce sujet qu’«il faut réfléchir rapidement à donner un statut à cette maladie, afin que cette contamination professionnelle soit prise en charge. Parce qu’elle a touché beaucoup de professionnels de la santé dont déjà une centaine de spécialistes au niveau national». Il ajoute que concernant les modalités de cette prise en charge «c’est là où on interpelle le ministère de la Santé et surtout la Cnas pour mettre en place rapidement une commission d’experts qui vont plancher sur ce dossier. Même si c’est avec une réserve, du fait que l’on n’a pas assez de recul face à cette maladie, mais il faudrait que cette commission puisse commencer à travailler avec au moins ce qu’elle a sous la main.»
A propos de la mise en place de cette commission, Mohamed Yousfi nous explique qu’elle devrait inclure des experts et des spécialistes, tels que des infectiologues, des pneumologues, des médecins du travail et des médecins de la Cnas afin «de pouvoir dans les plus brefs délais statuer sur le statut de cette contamination professionnelle, avec au moins dans un premier temps lui donner le statut d’accident de travail et ensuite réfléchir avec des experts si elle est éligible en tant que maladie professionnelle, une démarche scientifique et réglementaire.»
De son côté, Lounes Ghachi, président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), nous confie que l’«on reconnaît que ce n’est pas évident pour le moment de reconnaître la contamination à la Covid-19 comme une maladie professionnelle, car c’est une nouvelle maladie. Maison lance un appel pour qu’au moins elle soit reconnue comme accident de travail, car c’est une contamination dans un cadre professionnel.» Il nous annonce quele SAPva se «concerter avec les autres syndicats des professionnels de la santé» pour voir quelles seront «les actions à mener et la meilleure manière de réagir face à cette situation» d’autant plus que «nous avons plus de trois mille paramédicaux qui ont été contaminés par le coronavirus».
Il nous confie également à propos du désarroi et de la déception d’une partie des professionnels de la santé suite à la publication de cette circulaire qu’«ilfaut les comprendre. Quand il tombe malade à cause de la Covid, ils sont en congé de maladie.Ensuite, majoritairement, il reste de deux à trois mois sans être remboursés de quoi voulez-vous qu’ils vivent ?» Par ailleurs, rappelons que le Dr Lyes Merabet,présidentdu Syndicat du personnel de la santé publique, avaitmaintes fois lancé un appel dans ses déclarations à la Radio nationale, pour que la contamination à la Covid-19 soit reconnue comme une maladie professionnelle. Il avait aussi soulevé la nécessité de revoir les lois de la Sécurité sociale qui n’ont pas été revues depuis 1983 et les deux textes essentiels qui permettent le remboursement des frais de la tarification et de la nomenclature qui n’ont pas aussi été revus depuis 1987.
Il est à noter que sur le site officiel de la Cnas, il est précisé que la législation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles permet de bénéficierdes prestations en nature, remboursées au taux de 100% des tarifs réglementaires (soins, médicaments, appareillages…)et des indemnités journalières pour compenser la perte de salaire, versées au taux de 100% du salaire de référence. n