Les restrictions imposées aux voyages internationaux durant l’année 2020 a pratiquement «tué» la circulation des personnes entre l’Algérie et l’étranger, selon les chiffres communiqués hier par les services de la police des frontières (PAF) lors d’un point de presse. En 2019, a indiqué leur directeur, Mohamed Noui Sifi, 16,7 millions de voyageurs ont transité par nos postes frontières. L’année d’après, ils n’étaient plus que 4,9 millions, soit une différence de 12,6 millions et – 75, 96 % de mouvement humain.

Le trafic aérien, toutes compagnies confondues, est passé de 71 690 vols en 2019 à 17 237 en 2020, soit une différence de 54 453 vols. Les liaisons maritimes sont passées de 9295 en 2019 à 7548 en 2020, soit -18,79% a précisé l’officier-contrôleur et chef de la PAF, M. Sifi. La circulation automobile, elle, est passée de 2,4 millions véhicules en 2019 à 677 289, soit une diminution de 1,7 millions de véhicules, -72,01%, a-t-il indiqué. Il est à noter que, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), la pandémie du Covid-19 a fait chuter de 60 % le nombre de passagers des compagnies aériennes dans le monde en 2020. Le nombre de passagers, qui a atteint 1,8 milliard en 2020, est retombé au niveau de 2003, loin des 4,5 milliards de 2019, selon l’OACI dans un communiqué publié le 16 janvier dernier. «La baisse de la demande» va se poursuivre pour le trimestre 2021 et pourrait même s’aggraver, avertit l’agence onusienne, basée à Montréal.
En 2020, la chute du nombre de passagers a atteint 50 % sur les vols intérieurs, et 74 % sur les vols internationaux, qui ont transporté 1,4 milliard de personnes de moins qu’en 2019, indique encore la même source, faisant état de pertes cumulées de 370 milliards de dollars pour les compagnies aériennes. Les aéroports et les fournisseurs de services de navigation aérienne ont eux aussi subi conséquemment des pertes respectives de 115 et 13 milliards de dollars. Une situation qui, selon l’OACI, «remet en question la viabilité financière de l’industrie et menace des millions d’emplois dans le monde».
En ce qui concerne les opérations de rapatriement en Algérie, a fait observer le chef de la PAF, 45 983 personnes, dont plus de 40 000 citoyens par voie aérienne, ont été concernées. Le traitement des entrées et sorties des ressortissants étrangers et des binationaux a touché 141 928 personnes, selon la même source.
En ce qui concerne les risques de contamination que courent les agents de la PAF en cette période de pandémie, leur chef a révélé l’existence depuis la déclaration de la crise sanitaire de 474 cas confirmés au sein de leurs effectifs, dont 4 décès, a-t-il déploré. M. Sifi a, par ailleurs, indiqué qu’au titre des mesures sanitaires préventives des restrictions sont imposés à la circulation des équipages des navires étrangers sauf pour des besoins de service, et que les équipages des navires cargo algériens en provenance de l’étranger sont contrôlés par ses services.