La Nuit des idées a eu lieu jeudi à Alger, comme dans de nombreuses villes du monde. Organisée et coordonnée par l’Institut français d’Alger, placée sous le signe «Un monde commun», cette manifestation qui réunit artistes, philosophes, chercheurs… est dédiée à la réflexion et au débat pour (re) penser le monde de demain.

Plusieurs manifestations ont été organisées à Alger dans le cadre de cette deuxième édition de la Nuit des idées, événement international et participatif, à commencer par l’exposition «Ça va waka» (ça va aller) du photographe Nassim Rouchiche. Le vernissage a eu lieu à la Cinémathèque algérienne en présence du photographe qui s’est intéressé au thème de l’émigration clandestine et qui «rend compte de la place que tiennent les émigrés clandestins dans la société dans laquelle il vit. Les photographies qui ornent les murs de la Cinémathèque ont été réalisées en noir et blanc. Elles présentent la réalité, sans artifices, de migrants subsahariens vivant à Alger. Immersion dans leur quotidien, ces personnes se livrent. Leur réalité est exposée grâce à l’œil attentif, respectueux et bienveillant du photographe, qui a réalisé cette série de photographies dans le cadre d’un atelier de quinze jours. «Ce sont des gens que je voyais tous les jours. Le contact a été un peu facile mais pour passer de la personne qu’on connaît au photographe, c’est très différent et plus compliqué», explique-t-il. Pour lui, «il faut établir un lien de confiance». Car, «travailler avec eux, c’est montrer leur intimité, c’est vraiment aller au fond des choses et ce n’est pas évident». Nassim Rouchiche a, cependant, été «honnête» avec ces personnes qui ont accepté de faire partie de son projet. «J’ai expliqué pourquoi je voulais faire ce travail-là. Ce n’est pas facile d’accepter quelqu’un dans sa maison et qui vous suit au quotidien.» En outre, l’approche du photographe par rapport au thème de l’immigration est très intéressante dans la mesure où celui-ci va au-delà des apparences. On ne connaît pas très bien la vie des migrants subsahariens à Alger, leur réalité quotidienne. Il y a de nombreuses images parfois erronées ou mal interprétées, qui viennent d’ailleurs, d’une méconnaissance aussi. Or, le travail de Nassim Rouchiche propose une autre approche. La réalité, le quotidien… la vie. Né en 1977 à Alger où il vit et travaille, Nassim Rouchiche s’initie à la photographie dès l’âge de 11 ans. Passant des paysages aux scènes de vie, il développe sa passion et devient photographe autodidacte. En 2015, il participe à un atelier animé par Bruno Boudjellal et à l’issue de cette aventure, il réalise la série de photographies «Ça va waka». Un travail qui rend compte du vécu des migrants, qui regarde au-delà du miroir et des apparences avec une approche sensible.