PAR MILINA KOUACI
Quelques jours après avoir dévoilé le plan exceptionnel des cours de la prochaine rentrée scolaire, le ministère de l’Education national a opéré des aménagements sur l’emploi du temps des trois cycles. La tutelle a conçu un nouveau plan régissant l’organisation de l’emploi du temps hebdomadaire qui sera adapté en fonction de la spécificité de chaque établissement scolaire.
Nonobstant, la nouvelle répartition du volume horaire fait encore des mécontents. Ces modifications de l’emploi du temps hebdomadaire ont été opérées dans le but de réduire les heures supplémentaires de travail des enseignants, qui se plaignaient l’année passée de la densité du volume horaire, d’autant que la séance a été augmentée de 45 minutes à une heure.
Ce réaménagement a été opéré au lendemain des difficultés exprimées par les directeurs des établissements des trois cycles, consistant en l’aménagement d’un emploi du temps hebdomadaire, au vu du système de groupe imposé par la pandémie et l’obligation de respecter le protocole sanitaire dans les écoles.
«La tutelle a précipité et opéré des aménagements sur les emplois du temps afin d’apaiser la colère des enseignants qui, l’année passée, se plaignaient de la densité du volume horaire», a indiqué le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba, qui accuse la tutelle d’opter pour des «solutions de facilité».
Dans le but d’éviter toute perturbation du déroulement de l’année scolaire, le ministère de l’Education nationale a opté pour la «réduction du volume horaire de l’enseignant faisant perdre ainsi aux élèves des cours», regrette Messaoud Boudiba. Pour lui, la seule solution qui s’impose est d’ouvrir des postes budgétaires. «La solution idéale est d’ouvrir des postes budgétaires dans les matières souffrant d’un déficit d’enseignant et non de réduire le volume horaire de travail», préconise le porte-parole du Cnapeste. La tutelle a, en effet, réduit le volume horaire des heures supplémentaires de travail des enseignants qu’ils assument depuis l’adoption du mode d’enseignement par répartition de groupe, en raison de la propagation de coronavirus, ajoute notre interlocuteur. Ces mesures avec le même effectif du personnel enseignant affectent négativement l’avancement dans l’application du programme scolaire, estime le porte-parole du Cnapeste ainsi que le niveau et le rendement scolaires des élèves.
La tutelle a, également, selon le porte-parole de l’Unpef, Abdelouhab Lamri-Zegar, réduit les activités scolaires et des cours du programme. Elle a décidé, en particulier, de réduire le volume horaire des enseignants de mathématiques et de langue arabe. Or, la solution adéquate pour lui est de «recruter» des enseignants, et non de limiter le nombre de séances. Il ajoute que la situation sanitaire actuelle impose d’élaborer un programme scolaire adapté. Selon Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), la tutelle a adapté le programme scolaire en fonction de la situation sanitaire en procédant à la suppression des activités et des exercices répétés.
S’agissant de la programmation de tamazight en dehors des horaires officiels des élèves, nos interlocuteurs s’accordent à dire que tamazight est une langue nationale et officielle à laquelle il faut accorder un «intérêt particulier» comme l’arabe et les langues étrangères, appelant les pouvoirs publics à la mise en place d’un plan de promotion de tamazight dans le système éducatif. n