PAR NAZIM BRAHIMI
Le parti Jil Jadid a fait état de son insatisfaction quant à la situation qui prévaut dans le pays. «Le sentiment partagé par l’ensemble des patriotes est, qu’aujourd’hui, le pays navigue tant bien que mal, sans dessein défini ni enthousiasme novateur», constate la formation de Soufiane Djilali, à l’issue de la réunion de son Conseil politique, qui dit avoir pris note de l’achèvement du renouvellement des institutions élues au niveau national et local avec le renouvellement partiel du Conseil de la Nation. Mais il dit regretter que «la force de l’inertie a eu gain de cause face à la volonté du changement», estimant que «malgré les intentions de bonne volonté déclarées au plus haut niveau de l’Etat, et à part l’élimination partielle des commanditaires d’une mafiocratie prédatrice et vorace, qui s’était imposée à l’Etat (ce qui est déjà d’une importance capitale), le changement qualitatif tant espéré tarde à se manifester concrètement».
Pour Jil jadid, «le désarroi général de l’opinion publique, sa méfiance légitime envers une classe politique défaillante et une confusion médiatique savamment entretenue ont neutralisé l’engagement citoyen et permis aux anciens appareils et réseaux d’intérêts nationaux et locaux de s’imposer dans des scrutins pourtant voulus honnêtes», estimant que « les Assemblées élues, en particulier l’APN, semblent inexistantes et n’embrayent pas, jusqu’à présent, sur les préoccupations des citoyens».
Dans le tableau qu’il dresse, Jil Jadid cite notamment «l’inflation, le chômage, l’appauvrissement et la détérioration de la qualité de la vie démoralisent les Algériens qui lorgnent dorénavant un avenir au-delà de nos frontières». Pour la même formation politique, «les hésitations du gouvernement, des décisions intempestives et incompréhensibles, un manque flagrant de communication n’ont pas permis une franche adhésion populaire dont l’Algérie a un grand besoin alors que des forces, à l’évidence mercenaires et antipatriotes, ne cessent de remettre en cause la cohésion nationale».
Reprochant «des réactions défensives de l’Etat (qui) ne sont cependant pas toujours appropriées», le parti considère que «la fermeture inexpliquée du champ médiatique, l’inaccessibilité de sites d’information, les limites du système régnant dans le secteur des médias publics et privés, l’absence de débats politiques, la frilosité extrême du traitement de l’information… ont étouffé la capacité nationale à clarifier les enjeux, à insuffler de l’espoir, à créer de l’innovation et à mobiliser les consciences». Dans ce registre, le parti de Soufiane Djilali a souligné que «le marasme de notre système de communication est le principal allié de la désinformation, du révisionnisme sur les drames des années 1990, et des alliances internationales géostratégiques voulant mener le pays à la reddition», faisant remarquer que «toute une frange de jeunes Algériens est conditionnée par un récit historique qui inverse la réalité et qui transforme les terroristes en victimes et les victimes et les résistants en criminels de guerre».
C’est une raison pour Jil Jadid de juger «incompréhensible que quelques individus à la moralité plus que douteuse puissent régner sur une partie de l’opinion publique désorientée sans qu’une réponse professionnelle et adéquate de la part de l’Etat et plus largement du système d’information national ne leur soit opposée». Pour la même formation politique, «le contrôle sécuritaire et administratif de l’information prend de plus en plus une allure d’arbitraire créant l’illusion de sa maîtrise alors que toute la société est branchée sur l’espace extérieur, dont une bonne partie est exposée sans défense face à toutes les manipulations et reste démunie de toute référence endogène crédible».
Dans le volet économique, le parti a relevé que «la crise économique, malgré la remontée des cours des hydrocarbures, est appelée à s’aggraver au vu du cumul de non-gestion, de la bureaucratie et de la corruption qui durent depuis maintenant de trop nombreuses années», soulignant que s’il est «vrai qu’une nouvelle orientation s’esquisse en faveur de la production nationale, les intérêts qu’elle bouscule résistent». <