Le chanteur congolais, Aurlus Mabélé, une figure du Soukouss, version moderne de la rumba congolaise, infecté par le coronavirus, est décédé jeudi dernier à Paris à l’âge de 67 ans, annoncent sur les réseaux sociaux sa fille Liza Monet et son ancien collaborateur Mav Cacharel. «Mon papa est mort ce matin du coronavirus, merci d’honorer sa mémoire », a indiqué sa fille. « C’est une grande légende du soukouss que le peuple congolais perd aujourd’hui », écrit notamment la rappeuse Liza Monet sur Twitter.
Claudy Siar, le producteur de l’émission « Couleurs Tropicales » sur RFI, annonce lui aussi la nouvelle et rend hommage au chanteur dans une vidéo postée sur Internet. «C’est un immense artiste qui vient de nous quitter. Il était l’un des rois du soukouss ! Honneur et respect ! Que la terre te soit légère Grand Frère… » Son ancien collaborateur Mav Cacharel la confirme aussi sur Facebook. De son vrai nom Aurélien Miatsonama, Aurlus Mabélé, né à Brazzaville, au Congo, dans le quartier de Poto-Poto, s’est imposé sur la scène du soukouss dans les années 1980 avec le groupe Loketo, fondé en compagnie du guitariste Diblo Dibala. En effet, parti se perfectionner en Europe, il fonde, en 1986, avec Diblo Dibala et Mav Cacharel, le groupe Loketo. Il crée alors le soukous dont il sera proclamé «roi», d’où le slogan « c’est Aurlus Mabele le nouveau roi du soukous ». Le soukouss, est une variante, plus rapide avec l’apport de sons sortis de synthétiseurs et boîtes à rythmes, de la rumba congolaise des années 50, 60. Dans les années 1990, il apportera une touche antillaise à sa musique, ce qui lui vaudra de connaître un certain succès aux Antilles, à l’instar d’un autre groupe congolais plus anciens, « Les Bantous de la Capitale ». L’aventure a démarré très fort avec le tube « La Femme ivoirienne ». Par la suite, il y a plusieurs gros succès qui ont fait danser des stades remplis à pleine capacité sur le continent africain. Même après le départ du guitariste Diblo Dibala (créateur du groupe Matchatcha encore en activité), le grand « Gourba », comme il se faisait appeler, n’avait rien lâché. En 25 ans de carrière, il aura vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et il aura contribué à faire connaître le soukouss hors des limites du continent africain. Souffrant des suites d’un AVC depuis quinze  ans, il a organisé avec le groupe Loketo des concerts avec succès aux Antilles entre mai et juin 2009. Accompagné par des guitaristes talentueux, il a fait danser toute l’Afrique par des musiques avec ses rythmes typique du soukouss  grâce a des chansons à succès à l’instar d’ « Africa Mousso », « La Femme ivoirienne », « Embargo, Betty », « Asta De », « Evelyne », « Loketo » et « Waka Waka ».
Le musicien était de santé fragile depuis une quinzaine d’années, et son dernier album en date, « Ça va se savoir », datait de 2004.
L’année dernière, plusieurs musiciens congolais sous la houlette des noms comme Damien Aziwa et Djunny Claude lui ont enregistré un titre hommage qu’il a eu probablement le bonheur d’écouter.
Le monument du Souskouss, qui vient de perdre son combat contre la maladie, laisse dans le deuil sa famille biologique, sa famille artistique et ses millions de fans à travers le monde.