Par Feriel Nourine
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) n’a pas tardé à réagir au rapport établi par le Fonds monétaire international (FMI) sur la situation du marché pétrolier. Dans une déclaration qu’elle a adressée jeudi au Comité monétaire et financier international (CMFI), l’Opep a indiqué que la flambée des prix du pétrole était en grande partie due à la crise ukrainienne, soulignant que le groupe ne prendrait aucune mesure supplémentaire pour augmenter l’offre.
L’organisation reconduit ainsi le même discours pour expliquer les raisons de la hausse des prix de l’or noir, l’imputant à des facteurs de géopolitiques, alors que les pays consommateurs tentent de mettre une partie de cette hausse sur le compte des pays producteurs. Ces derniers refusent d’ouvrir davantage leurs robinets, partant du principe que le marché est suffisamment pourvu en offres et que les perturbations qu’il subit sont le résultat de la situation de facteurs qui se trouvent ailleurs.
A travers cette mise au point, l’Opep manifeste sa détermination à maintenir inchangée sa démarche, que l’organisation pétrolière exécute depuis de nombreux mois avec ses partenaires de l’Opep+, dont la Russie. Un code de conduite imperturbable, en dépit des pressions des pays consommateurs, que les pays de l’alliance disent respecter dans l’intérêt du marché et de sa stabilité. C’est pourquoi, ils refusent une quelconque révision pour les besoins conjoncturels en lien avec des facteurs géopolitiques.
Dans sa déclaration au CMFI, l’Opep a déclaré que le prix du brut Brent de référence mondiale s’était établi en moyenne à près de 98 dollars le baril au premier trimestre, en hausse d’environ de 18 dollars par rapport aux trois derniers mois de 2021. Les tensions en Ukraine constituent le facteur principal de cette augmentation, insiste l’organisation.
«Les prix du pétrole ont augmenté, en particulier en mars de cette année… principalement en raison de l’escalade des tensions géopolitiques en Europe de l’Est et des inquiétudes que cela pourrait entraîner d’importantes pénuries d’approvisionnement en pétrole, au milieu de bouleversements commerciaux», a-t-elle déclaré au FMI. L’Opep a également souligné l’impact négatif à court terme de la crise ukrainienne et de la pandémie en cours, ajoutant que «la forte hausse des prix des matières premières, combinée aux goulots d’étranglement persistants de la chaîne d’approvisionnement et aux contraintes logistiques liées à la Covid-19, alimente une inflation mondiale déjà élevée».
Mardi dernier, le FMI a publié un rapport dans lequel il révise fortement à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2022, mettant en cause la guerre en Ukraine et l’inflation qu’elle est en train de provoquer. Celle-ci devrait encore augmenter, prévoit le Fonds, non sans avertir qu’un nouveau durcissement des sanctions occidentales contre les exportations russes de pétrole mènerait à un recul important de la production mondiale.
La croissance devrait ainsi s’élever à 3,6% cette année, soit une baisse de 0,8 point de pourcentage comparé aux projections émises en janvier dernier par l’institution de Bretton Woods. n