L’annonce faite par le directeur des marchés et des activités commerciales auprès du ministère du Commerce, Ahmed Mokrani, d’une possible revue à la hausse de la marge bénéficiaire des distributeurs de lait pasteurisé en sachet (LPS) subventionné a été bien accueillie par la Fédération nationale des distributeurs de LPS. Mais toujours est-il qu’au sein de cette fédération, on se demande si la hausse importante de 5 DA/litre revendiquée va être acceptée par les pouvoirs publics ?

C’est du moins la question que se posent des membres du bureau de ladite fédération qui ont assisté à la conférence sur la problématique de la distribution du LPS, animée par Ahmed Mokrani, lundi dernier au siège de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCCA). Certains ont confié à la presse qu’ils ne pouvaient continuer de travailler avec la marge de bénéfice actuelle de 0,90 DA le litre qui ne peut couvrir leurs charges notamment le carburant, estimant que leur revendication était légitime. Comme ils n’ont pas caché qu’ils étaient impatients de connaître la décision finale prise dans ce sens par les pouvoirs publics. En effet, dans son intervention, le conférencier a clairement indiqué que le financement et les mécanismes de la mise en œuvre de la hausse de la marge de bénéfice « ont d’ores et déjà été arrêtés », a informé cette même source. Comme il a en outre révélé « la décision d’une hausse attend sa validation par le ministère de l’Agriculture pour être enfin soumise à l’examen et à l’aval de l’Exécutif ». Des précisions qui poussent à croire que la fédération va devoir encore attendre. Pour l’heure, le président de ladite fédération Eulmi Farid, contacté par Reporters hier, pour en savoir plus, nous a révélé que les 19 membres qui composent le bureau de la fédération vont se réunir incessamment « afin de se pencher sur l’éventualité d’une revue à la baisse des 5DA/litre proposée », a-t-il souligné. Le président nous a avoué : « Par souci du service public et surtout pour ne pas pénaliser les consommateurs, nous sommes prêts à faire des concessions, c’est-à-dire de couper la poire en deux. En clair, de se limiter au stricte minimum de notre revendication principale. »
Cela étant dit, il y a lieu de savoir que Farid Eulmi, qui intervenait lors de la conférence, a souligné l’impératif durcissement du contrôle sur le lait subventionné et les quotas accordés à chaque distributeur. « Ce qui va permettre de conférer davantage de transparence dans la gestion de la filière lait », a-t-il suggéré. Farid Eulmi a par ailleurs appelé à ce que les distributeurs soient remboursés dans le cas où on leur livre des produits avariés. Notons enfin, selon le responsable au niveau du ministère de tutelle, que la cartographie nationale de toutes les laiteries a été finalisée. « Cet outil va permettre de garantir la traçabilité de la distribution de la poudre du lait et de maîtriser la chaîne de production », a conclu Ahmed Mokrani.