La mobilisation a été au rendez-vous à la marche des libertés, organisée hier dans la ville de Béjaïa, à l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ils étaient des centaines de personnes à marcher, de l’esplanade de la maison de la culture Taos-Amrouche et la placette Saïd-Mekbel

, pour demander le respect des libertés ainsi que la libération du blogueur Touati Marzouk, condamné à 7 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Béjaïa. Pendant la manifestation, qui a duré plus d’une heure, les manifestants ont scandé des slogans plaidant pour le respect des libertés individuelles et collectives et appelant la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion en Algérie, à leur tête le blogueur Touati Marzouk, incarcéré à la prison de Blida. A la placette Saïd-Mekbel, un membre du Comité pour la libération de Touati Marzouk, qui a initié l’action, a lu une déclaration dans laquelle le comité dénonce avec « fermeté » les atteintes aux libertés et les violations des droits de l’homme. Il estime que seule la « mobilisation » de la rue arrêtera la «campagne d’acharnement» qui s’abat sur les « espaces de liberté » en Algérie. En plus des membres du Comité, plusieurs entités politiques et syndicales ont pris part à la marche. On peut citer les cadres du RCD, de la LADDH, du FFS, du CLA, d’Amnesty International Algérie, du PST, de RAJ, du Café littéraire de Béjaïa et de nombreux autres. Des députés et des élus locaux ont marqué aussi leur présence. Des activistes d’Alger, de Tizi Ouzou, de Bouira et d’autres wilayas ont participé aussi à la marche qui s’est déroulée dans un calme total. Aucun incident n’a été signalé. Les services de sécurité se sont contentés d’observer de loin.S’exprimant sur cette marche, le vice- président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Saïd Salhi, a déploré l’interdiction sans motif des activités de son organisation par les services de la wilaya de Béjaïa. Il cite le cas de la conférence programmée pour la journée à la Maison de la culture de Béjaïa à l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Une interdiction qui s’ajoute à une série d’autres empêchements que rencontre la LADDH. Toutes les activités de cette dernière sont interdites par les pouvoirs publics ces dernières années. A signaler que la mère du blogueur Touati Marzouk se trouvait parmi les manifestants. Elle a exprimé ses remerciements à toutes les personnes qui se sont solidarisées avec son fils qui multiplie les grèves de la faim en prison pour réclamer sa libération et clamer son innocence.