En mai 2006, on raconte que Hugo Chavez en visite officielle en Algérie était intervenu auprès de Bouteflika pour le dissuader de faire passer la loi Khelil sur les hydrocarbures qui devait passer comme une lettre à la poste. Le désormais légendaire président vénézuélien avait réussi à convaincre le président algérien d’alors que l’Algérie ne pouvait concéder autant aux grandes compagnies occidentales rapaces au risque de mettre beaucoup de pays de l’Opep en danger. Et pour Chavez, l’Algérie n’était pas n’importe quel pays dans la résistance face à l’hégémonie occidentale. La loi a fort heureusement été amendée et Chakib Khelil a ensuite été attrapé la main dans le sac par la justice italienne. Depuis, les Algériens ne regardent plus tout ce qui a un rapport avec l’énergie, «ce bas de laine», avec indifférence. Les questions qui ont un lien avec les ressources naturelles du pays relèvent de la souveraineté dont on sait la sensibilité pour l’égo des Algériens. D’autant que pour cette fois-ci, cet empressement à faire passer une loi suscite de très fortes suspicions. Pourquoi ne pas attendre après les élections ? Les Algériens savent que les grandes compagnies pétrolières ne leurs veulent pas que du bien. L’Algérie considérée comme un pays pétrolier et surtout gazier a en principe les potentialités pour assurer son développement. En principe. Cette richesse de l’Algérie contraste avec des difficultés économiques cycliques. L’échec de l’Algérie dans le développement de son secteur énergétique est justement à rechercher ailleurs. Il est surtout loin du fossile qui, l’histoire le retiendra, n’aura finalement pas rendu service à l’Algérie la maintenant dans une dépendance morbide. L’Algérie avec des potentialités énormes dans l’énergie renouvelable peut entreprendre la grande mutation. Celle du passage du fossile vers le renouvelable que certains s‘obstinent à le présenter comme non-rentable alors que dans des pays pas trop loin il constitue déjà une partie non négligeable de la consommation domestique.