Après deux sorties dans la CAN-2021, l’équipe nationale a été plombée et se voit occuper la dernière place du groupe «E». Et ce qui rend cela plus frustrant, c’est que, face à la Sierra Leone et la Guinée équatoriale, ils ont souvent eu des occasions à exploiter sans pouvoir les concrétiser. Notamment sur les coups de pied arrêtés.Par Mohamed Touileb
14 novembre 2019, c’est la date du dernier but, signé Ramy Bensebaïni face à la Zambie (5-0), sur phase arrêtée (corner ou coup franc indirect) inscrit par l’équipe nationale. Depuis, plus rien dans ce registre. Clairement, ce domaine n’est pas le fort de l’EN sous les ordres de Belmadi. Et sur des terrains peu praticables de la CAN-2021 au Cameroun, l’arme peut s’avérer salvatrice. Problème : les Verts ne la maîtrisent pas. Ainsi, ils se privent d’une solution pour se sortir de situations complexes.

Deux matchs et même maux
Pour son entrée en lice dans le tournoi continental face à la Sierra Leone, «El-Khadra» n’a pas pu trouver la faille et s’est contenté du match nul (0-0). Et pourtant, ce n’était pas faute d’occasions ou de situations exploitables. Au-delà de ses 8 tirs cadrés et pas le moindre qui a terminé au fond de la cage de l’excellent gardien Mohamed Kamara, il y a eu 10 corners qui n’ont malheureusement pas été utilisés de manière optimale.
Dans une rencontre où les actions en mouvement n’ont pas mené à un but, les camarades de Riyad Mahrez, qui a pourtant un bon pied tout comme Youcef Belaïli pour déposer le ballon dans la bonne zone, auraient pu se remettre à un coup de pied de coin pour s’en sortir. Mais il n’en fut rien. Pour le match II contre la Guinée équatoriale, bis repetita. 11 coups de pied de coin et aucun de transformer en réalisation. Et ce, sans oublier les 3 coups francs aux abords de la surface dont un mal-tiré par Mahrez.

Ça aurait servi
Les buts sur les phases de jeu peuvent cacher cette imperfection. Mais quand on a du mal à trouver la solution et décanter la situation et qu’on obtient un paquet de corners desquels on ne tire pas profit, cela devient un problème. Et quand on se retrouve à jouer sur des terrains qui ne favorisent pas le jeu de construction et de transitions, ne pas pouvoir tirer profit de ce genre d’opportunités, qui restent une arme dans le foot moderne, cela équivaut à des cartouches gâchées. D’ailleurs, se produire sur la pelouse à la limite du praticable du stade de Japoma reste un handicap qui serait compensable avec une meilleure exploitation des corners et coups francs près de la surface. Le hic est que Belmadi ne semble pas avoir le temps de régler les paramètres. «Avant toute chose, on doit être plus chirurgical, plus tueur. Ce qui aurait été inquiétant, c’est de ne pas se créer des occasions. On n’a pas vraiment eu le temps de travailler de nouveaux trucs mais je leur ai surtout rappelé des points essentiels», a-t-il indiqué samedi dernier en conférence d’avant-match Algérie – Guinée équatoriale.

Des chiffres qui ne trompent pas
Toutefois, on a bon espoir que les Fennecs tenteront de tirer le meilleur de ce domaine en devenant plus «tueurs». Pour clore, on relèvera que pour être champions d’Afrique, ils ont inscrit 13 buts. Aucun n’était sur corner ou coup franc indirect. La seule réalisation dans cette configuration était le coup franc direct mémorable de Mahrez contre le Nigéria. En outre, même lors de la goleada face au Djibouti (8-0), aucune réalisation n’a résulté de ce domaine. En outre, on peut noter que sur les 93 fois où l’Algérie a fait mouche sous les ordres de Belmadi, on ne compte que 7 buts marqués sur action statique. Le déséquilibre est là avec tout le manque de compensation que cela comporte. Et, encore une fois, demain face à la Côte d’Ivoire sur une pelouse du stade de Japoma plus détériorée que jamais, cette arme pourrait décider de l’issue de la bataille. <