Les éditions Koukou ont annoncé, hier, le boycott du Salon «Maghreb des livres », le rendez-vous littéraire organisé par l’association « Coup de soleil » du 8 au 10 février à l’Hôtel de ville de Paris.
Le directeur de la maison d’édition Arezki Aït-Larbi explique, dans un communiqué de presse publié hier, que « le Maghreb des livres » (…) manifeste une inexplicable hostilité à l’égard de Koukou Editions par le traitement humiliant infligé à ses auteurs». Revenant sur le déroulement des faits, il est expliqué dans le communiqué que les discussions en vue de la participation des éditions Koukou avaient abouti, après un échange de messages avec les organisateurs, à la sélection de trois auteurs, Karima Lazali avec l’ouvrage « le Trauma colonial…», Hadjira Oubachir, auteure du recueil de poésie « Uzzu n tayri/les Genêts de l’amour », et l’anthropologue Mohamed Mebtoul, auteur de «Algérie, citoyenneté impossible ? ».
L’éditeur Arezki Aït-Larbi précise néanmoins que deux faits ont motivé sa décision. «En décembre dernier, Koukou Editions sont informées que faute de moyens, seule Hadjira Oubachir sera invitée », puis, à deux semaines du lancement de la manifestation, Koukou Editions sont informées que «l’invitation de Hadjira Oubachir est annulée» au motif que l’écrivaine «n’aurait pas répondu dans les délais à l’invitation des organisateurs». Une situation qui aurait conduit les éditions Koukou à une présence purement commerciale, explique Arezki Aït-Larbi, en soulignant qu’«on m’a ainsi dit, que l’on peut tout de même envoyer les ouvrages pour une présentation à l’expo-vente. C’est-à-dire que la participation de Koukou Editions se limitera au volet commercial». Le directeur de la maison d’édition nous précise à ce sujet que Hadjira Oubachir n’avait jamais reçu le mail en question. «A la dernière minute, l’on me dit qu’elle n’a pas donné suite à l’invitation dans les temps (…) Ce qui est faux, elle n’a jamais reçu ce mail. Et même si c’était le cas, il était toujours possible de me contacter moi, son éditeur.» Ce dernier souligne ainsi en substance que cet agissement est la goutte qui a fait déborder le vase, étant donné que cette situation s’ajoutait à plusieurs « antécédents».
En effet, le « Maghreb des livre » avait déjà manifesté, selon l’éditeur, une certaine « hostilité depuis le Salon de 2016 ». A ce titre, il rappelle, qu’en 2016, Zoulikha Bekaddour, auteure de «Ils ont trahi notre combat », «avait été invitée, avant de se voir refuser sa prise en charge au prétexte qu’elle n’aurait pas répondu dans les délais au courrier des organisateurs». L’auteur, Tarik Khidder, avait également eu des déboires avec les organisateurs du salon parisien en 2018.
A propos des raisons qui pourraient expliquer une telle « hostilité » envers les éditions Koukou, le directeur nous déclare : «Je ne sais pas si c’est vraiment un dysfonctionnement ou autre chose, et cela ne m’intéresse pas (…) Ce que je constate, c’est que les auteurs de Koukou sont traités de manière humiliante pour la troisième fois.» Le boycott apparaissant ainsi comme une décision visant à défendre les auteurs, leurs travaux et la maison d’édition elle-même, Arezki Aït-Larbi nous déclare, à propos de la participation de Karima Lazali, maintenue du fait qu’elle est également éditée en France aux éditions La Découverte : «Je ne m’attendais pas à ce que Karima Lazali intervienne dans une table ronde comme cela se fait pour d’autres auteurs. Mais, finalement, elle n’est retenue que pour une vente-dédicace».