Le décret portant sur la gestion et la prescription des psychotropes et produits à usage détourné est entré en application depuis hier sur le terrain.

Par Sihem Bounabi
A ce propos, le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) nous explique qu’«en plus de la liste de psychotropes qui est fixée par la loi 04/18 et l’arrêté ministériel daté de juillet 2015, il y a une autre liste publiée ce 16 août sur le Journal Officiel sous forme d’arrêté interministériel signé par les ministres de l’Industrie pharmaceutiques et de la Santé, qui est l’arrêté 141. Il y a aussi une autre liste d’une vingtaine de produits à usage détourné». Soulignant qu’«aujourd’hui, les choses sont claires par rapport à la classification des psychotropes et des produits à usage détourné».
Le président du Snapo explique que cela implique également qu’«à partir d’aujourd’hui, les prescriptions de ces produits doivent se faire obligatoirement sur ordonnance qui répond aux normes fixées par les articles 16, 19 et 27 du décret». Notre interlocuteur précise à ce propos que «ce sont des ordonnances qui doivent comporter un numéro de série et pour les produits à usage détourné, en plus de l’obligation du numéro de série, elle doit être à souche. C’est-à-dire en trois exemplaires de couleur rose, jaune et blanche».
Suite à l’entrée en application de ce décret, Messaoud Belambri affirme que le Snapo a diffusé un communiqué à destination des pharmaciens d’officine pour qu’ils soient informés de manière précise sur les produits qui sont touchés par ces nouvelles mesures.
Commentant la mise en application de ce décret, Messaoud Belambri nous confie que «le Snapo est très satisfait de cette mise en application que nous attendons depuis près de deux ans». Il rappelle que le décret 19/79 publié le 5 janvier 2020 avait été reporté plusieurs fois. Il a été par la suite modifié, une dernière fois, au mois de mai 2021 et publié Journal Officiel du 16 mai 2021 en tant que décret 21/96. Il souligne dans ce sillage que «nous sommes satisfait parce que les pharmaciens ont longtemps souffert du cadre réglementaire et juridique», enchaînant que «maintenant les moyens et les outils de gestion sont clairement définis par le décret et complétés par ces arrêtés relatifs à la commission, les listes sont connues et publiées, les produit sont identifiés. Nous en avons fait une large diffusion à tous les professionnels de la santé qui sont concernés et principalement au corps des pharmaciens».
Le président du Snapo ajoute également : «Nous pensons que les retombées seront très positives, notamment par rapport à la prise en charge des vrais malades et la mise à disposition des médicaments essentiels. Et justement, avec cet arsenal juridique qui vient d’être mis en application, il y aura une gestion plus efficace de ces produits et le combat contre leur usage détourné sera plus facile», affirmant ainsi que «les pharmaciens et même les médecins pourront exercer dans des conditions plus sûres et sereines».
Installation de la commission nationale de suivi des psychotropes
Il est à noter que la Commission nationale des substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes a été installée dimanche dernier au siège du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Cette installation intervient en application des dispositions du Décret exécutif n°21-196 du 11 mai 2021 fixant les modalités de contrôle administratif, technique et de sécurité des substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes.
La Secrétaire générale du ministère, Drifa Khoudir, a procédé à l’installation officielle de la commission en présence des cadres du ministère de l’Industrie pharmaceutique et des représentants des ministères de la Défense nationale et de la Santé, de la Gendarmerie nationale, de la Sûreté nationale, des Douanes et de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), en sus de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (OFDT), en leur qualité de membres de la commission, et des représentants des partenaires économiques et sociaux dont le Snapo. La commission se chargera essentiellement d’évaluer les rapports relatifs au contrôle en matière d’importation et d’exportation des substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes ainsi que les rapports des opérations d’inspection périodiques et inopinées des établissements pharmaceutiques, en l’occurrence les sociétés d’importation et d’exportation, de production et les distributeurs en gros qui approvisionnent les pharmaciens d’officine.
La commission aura aussi pour mission de proposer les mesures nécessaires, administratives, techniques et de sécurité, et d’évaluer les écarts constatés lors de l’inventaire des stocks physiques de l’établissement pharmaceutique.
Finalement, Messaoud Belambri lance un appel aux médecins afin qu’ils prennent leurs dispositions pour l’application de ce décret «les pharmaciens ne pourront distribuer ces médicaments que sur présentation d’ordonnance conforme». Ajoutant : «Nous regrettons qu’il n’y ait pas eu de travail d’information sur ce plan auprès de la famille médicale.» Estimant que «le ministère de la Santé et les associations de médecins doivent largement diffuser cette information pour que les médecins soient au courant des nouveaux outils réglementaires pour la prescription de ce type de médicament».