Du communiqué diffusé, jeudi, par la Banque centrale à travers les réseaux sociaux, il en ressort une hausse de plus de 700 milliards de dinars de la liquidité bancaire entre avril et septembre 2021.

Par Hakim Ould Mohamed
Des 521 milliards de dinars recensés à fin avril sur les comptes des banques et des établissements financiers, le niveau de la liquidité bancaire a progressé à 1 296 milliards de dinars à la mi-septembre, marquant ainsi une plus-value de 775 milliards de dinars en un laps de temps de près de cinq mois. «La Banque d’Algérie publie une situation monétaire mensuelle, dans laquelle elle fait apparaître, notamment, les soldes des comptes des banques et établissements financiers dans ses livres. Cette situation correspond à la liquidité bancaire qui représente les avoirs des banques et établissements financiers auprès de la Banque d’Algérie. Le niveau de cette liquidité bancaire au 15 septembre 2021 était de 1 296 milliards de dinars, niveau supérieur à celui enregistré durant la période pré-Covid19», lit-on dans la note de la Banque centrale. Ce mouvement haussier est venu rompre avec une année 2020 marquée par une forte contraction de la liquidité bancaire. D’ailleurs, la dernière note de conjoncture en date, publiée en juin 2020 par la Banque d’Algérie, a montré que la liquidité globale des banques a poursuivi sa baisse en 2020, «passant de 1 557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1 100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction de 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019». A fin décembre 2020, les avoirs des banques et des établissements financiers ont été estimés à 659 milliards de dinars, contre 1 296 à la mi-septembre 2021. S’il est vrai que la situation des banques et des établissements financiers s’est sensiblement améliorée cette année, c’est parce que les facteurs favorisant cette hausse étaient omniprésents, dont la hausse des prix du pétrole et, de ce fait, des dépôts du secteur des hydrocarbures dans les banques. D’ailleurs, c’est la chute drastique des cours du brut en 2020 qui a, en partie, précipité les banques de la place dans une situation de sous-liquidité, en plus de la hausse des retraits et de la baisse des dépôts aussi bien des épargnants que du secteur des hydrocarbures. La hausse des retraits s’est traduite par une progression importante des quantités de monnaie fiduciaire en circulation hors canal bancaire. A fin avril 2021, les quantités de monnaie et de billets de banque en circulation hors canal bancaire étaient estimées à 6 463 milliards de dinars par la Banque centrale, contre 6 195 milliards de dinars à fin décembre 2020 et 5 508 milliards de dinars à fin décembre 2019. Dans son communiqué diffusé, jeudi, la Banque d’Algérie ne fait référence à aucun des facteurs ayant contribué à la hausse de la liquidité bancaire en 2021, se limitant à rassurer les agents économiques quant aux disponibilités en quantités suffisantes de la liquidité bancaire, estimée désormais à 1 296 milliards de dinars. Tout le monde sait que la hausse des prix du pétrole sur le marché mondial, dont le niveau a presque doublé en variation annuelle, était en partie à la source directe de cette hausse de la liquidité bancaire, étant donné que la bonne rentabilité du baril de Brent a amélioré la valeur des revenus et des dépôts bancaires du secteur des hydrocarbures. Le financement du Trésor au moyen de la planche à billets a permis également la couverture de certains trous du budget et, par là même, à la liquidité bancaire de se redresser cette année. C’est-à-dire que le Trésor n’a pas fait appel, comme ce fut le cas en 2020, aux dépôts des entreprises publiques pour financer le déficit budgétaire. Dans le même communiqué, la Banque centrale a estimé qu’il est «inexact de considérer que la baisse ou l’augmentation de la liquidité bancaire a une influence directe sur la disponibilité en monnaie fiduciaire», soulignant que «la liquidité à laquelle font appel les agents économiques et les ménages, utilisée en tant qu’instrument de paiement, correspond à la liquidité fiduciaire, est la somme des billets de banque et pièces métalliques émis par la Banque d’Algérie et en circulation dans l’économie». Dans la foulée, la Banque d’Algérie dit détenir à ce jour, «un stock de l’ordre de 60 jours de couverture des demandes des banques et d’Algérie Poste en billets neufs, ceci sans tenir compte des rentrées quotidiennes déposées au niveau des sièges de la Banque d’Algérie à travers toutes les wilayas». n