La décision de Donald Trump continue de susciter la désapprobation à travers le monde. Des appels pour son retrait se font de plus en plus prononcés. Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont appelé Washington à annuler sa décision de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël.

Dans une résolution, les ministres arabes affirment que les Etats-Unis se sont « retirés comme parrains et intermédiaires du processus de paix ». Les ministres des pays membres s’étaient rassemblés samedi au siège de la Ligue arabe, au Caire, pour une réunion extraordinaire en vue de formuler une réponse à la décision américaine, qui suscite une vague d’indignation. Le gouvernement turc a appelé les pays musulmans à « aller au-delà des condamnations » en préparation  du sommet qui doit se tenir mercredi à Istanbul pour examiner cette question de la reconnaissance par les Etats-Unis d’Al-Qods occupée comme capitale d’Israël. « Il faut qu’une position, une attitude allant au-delà des condamnations sorte » de ce sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a déclaré le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, selon l’agence Anadolu.  De son côté le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a plusieurs fois qualifié Al-Qods de « ligne rouge », a vivement critiqué cette décision, indiquant qu’elle était « nulle et non avenue » pour Ankara. Le sommet de l’OCI aura pour but de « coordonner et d’unifier » la réponse des pays musulmans, a souligné Erdogan. Au même moment, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se permet d’accuser l’Europe d’« hypocrisie » au sujet de la condamnation de la décision du président américain. Netanyahu s’apprêtait à être reçu en France et à Bruxelles comme si de rien n’était.  Les capitales européennes qui ont désapprouvé la décision de Trump devraient accueillir le dirigeant israélien comme un chef d’Etat normal dans une situation normale. Alors que la tension sur la question d’Al Qods ne fait que monter. En Europe même, des parlementaires britanniques de diverses tendances politiques ont demandé à leur gouvernement de condamner officiellement la décision de Trump.

Une décision qui ne passe pas

Le quotidien britannique The Evening Standard affirme qu’une centaine de Lords et de députés ont adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, exprimant leur préoccupation envers la décision américaine et appelant le gouvernement à ouvrir la voie à une solution pacifique pour le conflit au Proche-Orient. Le député travailliste Richard Burden, président du groupe parlementaire d’amitié avec la Palestine et initiateur de la lettre, a déclaré que la décision du président Trump « remet en question l’aptitude des Etats-Unis à parrainer de manière crédible un processus de paix entre Israël et la Palestine ». La démarche américaine, affirme le député, ne fera qu’attiser le conflit à un moment où les efforts internationaux doivent être concentrés sur l’apaisement des tensions. Londres considère toujours Al Qods occupée comme faisant partie des territoires palestiniens occupés jusqu’à la conclusion d’un accord entre les deux partis. Le leader de l’opposition britannique, chef du Labour Party, Jeremy Corbyn, avait indiqué dans un tweet, que l’ordonnance de Trump est « une décision hasardeuse et une menace à la paix ». La question d’Al Qods ne passe pas et continue de provoquer la colère dans plusieurs pays. Au Liban plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés près de l’ambassade américaine située au nord de la capitale Beyrouth. Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et fait usage de canons à eau pour repousser les manifestants. Plusieurs personnes ont été blessées. De son côté, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé à une forte mobilisation lundi contre la décision de Trump dans la périphérie sud de Beyrouth.  « J’appelle les hommes, les femmes, les jeunes et les personnes âgées, la banlieue sud, Beyrouth et tous ceux qui le souhaitent au Liban à rejoindre cette manifestation », a déclaré Nasrallah. En 2006, Israël a mené une guerre destructrice contre le Liban tuant plus de 1 200 Libanais, pour la plupart des enfants.