Figurant parmi les rares événements culturels à être maintenus par ses organisateurs, la petite salle de la librairie Chihab de Bab El Oued accueille cette après-midi à 14 heures  une rencontre-débat dédiée au témoignage du militant Djillali Leghima (dit Mahmoud) dans son ouvrage intitulé « L’émigration dans la Révolution algérienne, Parcours et témoignages ».
L’ouvrage publié par les éditions Chihab aborde la Révolution algérienne en revenant sur l’aspect relativement peu connu  du combat des travailleurs et des syndicalistes en France. L’auteur à la fois témoin et acteur de cette étape, décrit notamment l’émergence et la diffusion de « la pensée nationaliste » au sein de l’émigration algérienne. Tout au long de près de 250 pages, la question de l’immigration, de ses causes, de son action… est abordée sous différents angles. Il est expliqué à ce sujet qu’elle aura été « la conséquence directe de l’exclusion et de la misère sociale qui avait marqué le quotidien de la paysannerie algérienne au début du siècle dernier ».
A travers cet ouvrage, les lecteurs découvrent ainsi un texte à la fois personnel, autobiographique mais aussi une vision de l’histoire du pays.
 Djillali Leghima, militant originaire de Souamaâ, en Kabylie, partage en effet des souvenirs de son enfance, des conditions de vie difficile des Algériens durant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi de son action en France où il immigrera en 1951. Ouvrier ayant ainsi occupé plusieurs postes, il se rapprochera du combat syndical en rejoignant la  Confédération générale du travail (CGT) puis deviendra membre de la Fédération de France du FLN. Des positions depuis lesquelles il sera témoin de l’engagement politique des émigrés, traitant entre autre de la répression des manifestations des Algériens pour l’independance, mais aussi des rapprochements et des rivalités entre les militants des différents courants et plus encore sur les rivalités en affrontement entre les courants idéologiques ayant fait plusieurs centaines, voire même des milliers, de morts. Ce nouvel ouvrage ainsi  présenté comme une volonté de revenir sur un aspect peu connu de l’histoire algérienne, Djillali Leghima avait en ce sens expliqué a l’APS qu’il s’est agi  pour lui d’un «devoir de témoigner et de transmettre » d’une volonté de participer à l’écriture de l’histoire de la Révolution algérienne qui n’est pas achevée ». Quant à la question d’une éventuelle suspension des rencontres de la librairie, les responsables des éditions Chihab nous ont précisé en substance qu’ «une telle mesure ne paraîssait pour le moment pas nécessaire, la salle ne pouvant accueillir qu’un petit nombre de personnes».n