La journée d’avant-hier, 12 juin 2021, fut l’occasion de voir plusieurs postulants courir vers un objectif commun. Tous les yeux étaient braqués sur l’événement annoncé depuis belle lurette et sur la manière avec laquelle il sera «vécu» et suivi. Les médias, évidemment, étaient préparés bien à l’avance et tous les moyens ont été mis pour que la couverture soit complète, sans ratage. Le jour même, et le lendemain, tous ceux qui ont participé, de loin ou de près, à l’événement, n’ont pas cessé d’en parler.
Ici, il faut préciser un détail de taille. Non, dans cette «description», il n’est pas question du déroulement des élections législatives en Algérie de samedi passé. Il s’agit d’un autre événement qui s’est déroulé à plus de 3 700 kilomètres d’Alger. Celui de la rencontre de football Danemark-Finlande entrant dans le cadre de l’Euro 2021. Si ce match est évoqué dans cet espace, c’est par rapport à tout ce qui a entouré la blessure d’un joueur danois quelques minutes avant la mi-temps. Les réactions des 22 joueurs, des spectateurs et des nombreux caméramans sur le terrain, ainsi que celle des staffs médicaux, resteront dans les annales. Face à l’anxiété, et la peur d’assister à un drame en direct, il y avait de la pudeur, du professionnalisme, de la spontanéité dans les «bons gestes», de l’éducation, et bien d’autres notions, dans le même registre, facilement «applicables» sur la «scène». Une leçon donnée à tout le monde, absolument tout le monde. Ce qui s’est passé à Copenhague est également un legs de la part des Scandinaves aux générations futures de leurs pays. Un exemple à suivre.
Par contre, le même jour, en Algérie, il n’y avait ni d’exemplarité à mettre en avant, et encore moins un cadre sémantique à valoriser. Ces élections législatives n’auront soulevé ni enthousiasme ni espoir. Il y aura les quelques images de fraude relayées sur les réseaux sociaux, ainsi que celles des bulletins jetés par des boycotteurs. Des échos faisant penser à un patient atteint d’une maladie incurable, gisant langoureusement sur son lit d’hôpital. C’est le legs que les Algériens de 2021 laisseront aux générations futures. La journée de samedi n’aura d’ailleurs pas suffi à noircir encore plus le tableau. Voilà que le lendemain, l’ANIE se permet de retarder sa conférence de presse tant attendue pour éclairer l’opinion sur tout ce qui s’est passé la veille ! Et entre-temps, la nature ayant horreur du vide, et déjà des partis annoncent leur victoire ! L’Algérie mérite bien mieux…