napec

« Aujourd’hui, je suis heureux », « pour moi, c’est un jour d’indépendance ». C’est par ces termes de jubilation que s’exprimait, hier, Abderrahmane Achaïbou au sortir de la salle d’audience du tribunal de Sidi-M’hamed où le juge venait de prononcer le verdict du procès relatif à l’affaire de montage automobile.

« Heureux », parce que l’ex-représentant de la marque sud-coréenne Kia et partie civile dans ce procès a eu gain de cause à travers un dédommagement de 20 milliards de dinars que devraient lui verser l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, les anciens ministres de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb (en fuite), Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda, et Amine Tira (fonctionnaire du ministère de l’Industrie).
Mais bien plus qu’un dédommagement financier, c’est une réhabilitation à forte symbolique qu’a décroché le patron du groupe Elsecom, représentant multimarques, dont Kia, pendant plusieurs années, avant qu’il n’en soit dépossédé au profit d’autres hommes d’affaires dans le cadre des autorisations et agréments accordés à ces derniers dans des projets d’assemblage automobile. M. Achaïbou n’a cessé de crier à l’injustice à son égard, preuves à l’appui contenues dans le dossier du projet de montage KIA, qu’il dit avoir déposé auprès du ministère de l’Industrie alors sous la houlette de Abdeslam Bouchouareb, mais aussi dans les différentes requêtes sans réponses qu’il avait adressées au ministre actuellement en fuite et au Premier ministre Ahmed Ouyahia.
C’est pourquoi d’ailleurs, hier, dans son élan de joie difficile à contenir, le patron « dépossédé » n’a pas hésité à préciser qu’il n’en voulait pas aux opérateurs qui ont récupéré ses marques, mais que sa plainte était destinée contre les dirigeants du pays qui l’ont bloqué et Bouchouareb. « Je n’en veux pas à ceux qui ont pris mes marques, j’en veux à ceux qui ont tout fait pour que les choses se passent de la sorte. J’en veux à Bouchouareb », a déclaré le P-DG du groupe Elsecom. «Ces gens pensaient que jamais la justice ne les rattraperait », conclura-t-il. Outre Abderrahmane Achaïbou, le juge chargé de la même affaire a décidé de condamner Ouyahia, Bouchouareb, Yousfi et Mahdjoub Bedda à verser une indemnisation de 500 millions de DA à Emin Auto. L’ex-Premier ministre, les trois ex-ministres de l’Industrie, ainsi que le fonctionnaire du ministère de l’Industrie Tira ont été également condamnés à verser une indemnisation de 100 millions de DA à la partie civile Groupe Cevital.
Emin Auto s’est constitué partie civile pour le blocage de son projet d’usine JAC et Song Yong à Relizane, pour lequel d’énormes investissements ont déjà été consentis, alors que, pour sa part, Cevital a recouru à la même procédure devant la justice après avoir été dépossédé de la représentation de la marque Hyundai (véhicules légers, Trucks et bus et engins) qu’elle avait introduite en Algérie à la fin des années 1990 pour les représenter sous la houlette de Hyundai Algérie, avant d’en être dépossédé au profit d’autres hommes d’affaires pour des projets d’usines, dont le groupe Tahkout pour Hyundai léger, et Hyundai Trucks Bus pour Global Industriel du groupe Arbaoui.