Troisième Grand Chelem pour une joueuse de tennis au talent indiscutable. Naomi Osaka a dû batailler pour venir à bout de la Biélorusse Victoria Azarenka (1-6, 6-3, 6-3) en finale de l’US Open. Tournoi qu’elle avait remporté en 2018 avant d’enchaîner avec l’Australien Open 2019. A même pas 23 ans, la Japonais, d’origine haïtienne, compte 3 Grande Chelems à son actif. Des standards d’une référence en devenir.

Un bond de 6 places pour passer du 9e au 3e rang mondial pas loin du trône de la WTA qu’elle avait déjà occupé par le passé, Osaka a merveilleusement réussi sa quinzaine de New York. Ainsi elle a imité une certaine Jennifer Capriati (Open d’Australie 2001 et 2002, Roland-Garros 2001) en faisant le carton plein en termes de finales jouées/gagnées. La Nippone aurait pu perdre l’explication ultime contre la 27e joueuse mondiale qui avait largement mieux débuté la partie sur le court d’Arthur-Ashe.
Azarenka a menée 6-1, 2-0 sans que son adversaire n’existe vraiment. «Je trouvais que ce serait assez gênant de perdre en moins d’une heure, alors j’ai dû vraiment me battre et cesser d’avoir ce mauvais comportement», a retracé Osaka parvenue à revenir dans le «game» après une longue période de flottement.

Renversante !
L’orgueil et l’instinct de survie lui ont fait ressortir ses qualités tennistiques indéniables. Même celle qui a sorti la légendaire Serena Williams en demies n’a pas pu lui résister. De 8 ans plus âgée, Azarenka, qui retrouve la 14e marche du ranking mondiale, a laissé filer un succès qui lui semblait destiné. Après la partie, elle a déclaré être «déçue» de sa défaite mais «heureuse de mon (son) retour à un si haut niveau.» De retour en 2018 après avoir accouché en 2016, celle qui a remporté l’Open d’Australie en 2012 et 2013 cale pour la 3e fois dans le Majeur américain après ses deux tentatives avortées en 2012 et 2013 : «jamais deux sans trois, comme on dit. Il faudra que je réessaye…», a-t-elle ironisé. Pour revenir à Osaka, il faut savoir qu’elle avait buté sur le plafond des quarts lors des quatre derniers grands chelems dans lesquels elle était engagée. En tout cas, statistiquement, à chaque fois qu’elle a franchi cette barrière, elle est allée au bout. C’est pour dire qu’elle a une capacité certaine pour gérer les deux derniers tests.

Les bienfaits du confinement
De plus, pour cette édition de Flushing Meadows, elle était engagée dans la cause sociale de «Black Live Matters» avec 7 masques qu’elle a personnalisés pour rendre hommage à des victimes afro-américaines des violences policières.
Sept masques différents c’est 7 rencontres requises. Et elle les a toutes jouées et gagnées. Comme une dame. La maturité est là. Aussi, la pandémie du Coronavirus est pour quelque chose dans cette force psychologique affichée : «après ma première victoire à l’US Open, je n’ai jamais eu le temps de prendre du recul. Le confinement m’a donné l’opportunité de penser à beaucoup de choses, à ce que je voulais accomplir, à la manière dont je voulais que les gens se souviennent de moi. Je me suis présentée sur ce tournoi avec cet état d’esprit», a-t-elle reconnu.

Et maintenant Roland Garros ?
Après ce triomphe, Osaka essayera de conquérir d’autres cieux. A commencer par Roland Garros en France. On ne sait pas vraiment s’elle sera en lice à Porte d’Auteuil. «Quand je suis arrivée ici, j’avais l’intention de jouer à Paris, mais on verra ce qui se passe», a prévenu celle qui est établie aux Etats-Unis mais qui a renoncé à la nationalité du pays de l’Oncle Sam en octobre 2019 étant donné que la loi au Japon interdit d’avoir la double-nationalité au-delà de 22 ans.
Douée avec la raquette en mains et dotée de capacités athlétiques indéniables, Osaka peut s’imposer comme la reine de la balle jaune dans l’avenir. Cela passera, obligatoirement, par des succès sur les différentes surfaces. Dont celle de terre battue à Paris en attendant Wimbledon et le gazon. Peut-être qu’elle pourra le faire très prochainement. Et ça ne sera aucunement une surprise pour une révélation de 2016 qui vient de rappeler qu’elle est une vraie graine de légende. n