La hausse des contaminations au nouveau coronavirus se poursuit avec 287 nouveaux cas confirmés hier et les autorités sanitaires ont fait part de leur inquiétude sur ce qu’il pourrait advenir si une telle situation se poursuit. C’est dans ce sens que les directives ont été données aux hôpitaux afin de réserver des services et lits dédiés aux nouveaux malades Covid.

Il faut absolument que les structures sanitaires soient en mesure de «faire face à une éventuelle recrudescence» de la pandémie afin de «ne pas se retrouver débordés» comme cela s’est passé durant l’été, où l’Algérie a enregistré le pic des contaminations et toutes les conséquences qui en ont découlé. C’est que s’accordent à dire les professionnels de la santé pour lesquels le scénario de psychose de l’été dernier ne devrait plus être réédité.
Le bilan des dernières vingt-quatre heures fait état de 287 nouveaux cas, soit en hausse comparativement à la veille où on comptait 276 cas. Le nombre de décès connu une mégère hausse, passant à 9 décès contre 8 la veille. Concernant les guérisons, elles ont enregistré une baisse, en s’établissant à 171 patients rétablis contre 178 la veille. Quant au nombre de malades en réanimation, il a enregistré une hausse significative avec 37 patients en soins intensifs, contre 30 la veille.
Le total des cas confirmés en Algérie passe ainsi à «56.706 dont 287 nouveaux cas, soit 0,7 cas pour 100.000 habitants lors des dernières vingt-quatre heures, celui des décès à1.931 cas, alors que le nombre de patients guéris est passé à 39.444, selon les chiffres présentés par le porte-parole du Comité scientifique de suive de l’évolution de la pandémie de coronavirus. Par ailleurs, «20 wilayas ont recensé durant les dernières vingt-quatre heures moins de 9 cas, 8 autres ont enregistré plus de 10 cas, alors que 20 autres n’ayant enregistré aucun cas».

Les hôpitaux en alerte
Le président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), Dr Mohamed Yousfi, a estimé que «les hôpitaux doivent se tenir prêts pour recevoir les malades atteints de coronavirus. Pour ce faire, il faut réserver et augmenter progressivement le nombre de lits dédiés et, en même temps, diminuer les activités qui ne sont pas urgentes sans les délaisser complètement». Il a expliqué que c’est un mécanisme qui est en vigueur depuis le début de mars dernier, dès que les premiers cas de coronavirus sont apparus dans le pays. «Quand le nombre de cas de contaminations augmente, le nombre de lits doit augmenter et les autres activités diminuer. Quand le nombre de cas diminue, il est normal que le nombre de lits réservés diminue et que les autres activités reprennent progressivement», a-t-il dit, rappelant en même temps qu’«il y a eu suspension des autres activités médicales au niveau des hôpitaux quand cela était nécessaire, au début de la pandémie, et qui s’est poursuivie jusqu’à ce que les cas aient connu une baisse significative, soit jusqu’au début de septembre dernier». Ce n’est qu’à partir de septembre que le personnel médical a pu souffler, mais ce n’est pas le cas pour tous. Dr Yousfi, qui est également chef du service infectiologie de l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Boufarik, premier hôpital à avoir reçu et traité les cas Covid, a attiré l’attention que cet hôpital demeure «complètement dédié aux malades de coronavirus et que son personnel n’a pas eu de répit depuis mars dernier, alors que d’autres hôpitaux ont pu accorder des congés à leurs personnels». Il a expliqué qu’à l’EPH de Boufarik, il leur arrive même de recevoir des malades hors de la wilaya de Blida, et ce, alors qu’ils peuvent être hospitalisés au niveau de leur propre wilaya. Il a donné l’exemple de malades qui leur ont été envoyés de la wilaya d’Alger, alors que la capitale est dotée de plusieurs hôpitaux pouvant normalement accueillir les nouveaux cas. Pour lui, cette situation trouve son origine dans un certain «dysfonctionnement» au niveau de pas mal d’hôpitaux qui ont fermé les services Covid ou d’autres qui, même au plus haut de la pandémie, avaient réservé nettement moins de leur capacité aux malades de coronavirus. C’est ce qui explique probablement la dernière réunion qu’a tenue samedi dernier la tutelle avec les directeurs d’établissent hospitaliers afin de leur rappeler de réactiver les services Covid et de réserver plus de lits en prévision d’une éventuelle hausse importante des cas.
En tout état de cause, l’inquiétude est là, omniprésente, et les bilans quotidiens l’attestent chaque jour un peu plus depuis plus d’une quinzaine de jours. Aussi bien le ministre de la Santé, que les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, ou encore le directeur général de l’Institut Pasteur ainsi que l’ensemble des professionnels de la santé ont affiché leur inquiétude quant à l’évolution de la pandémie. Cette situation va très probablement mener à un retour aux mesures de confinement dans les localités où sont recensés les nouveaux clusters. Une éventualité qui n’est pas écartée si la situation de hausse des cas se poursuit. <