La première semaine du mois de juillet est marquée par une augmentation du nombre de cas contaminés par la Covid-19, dépassant la barre des 400 par jour, totalisant ainsi plus de 15 500 et un nombre de décès s’approchant inexorablement de la barre psychologique de 1 000.

En parallèle, le personnel médical tire la sonnette d’alarme pour sensibiliser la population et les autorités face à la saturation des hôpitaux et l’implosion morale et physique du personnel à bout de souffle après cinq mois sans répit sur le front de la bataille contre ce virus « dangereux et mortel ».

Un durcissement du confinement partiel pas exclu
Face au constat de l’accélération de la pandémie en Algérie, le Président de la République Abdelmadjid Tebboune n’a pas exclu, dans la soirée de samedi dernier, un durcissement du confinement si la Commission scientifique chargée du suivi de l’évolution du coronavirus en Algérie le recommanderait. « Nous exécutons les recommandations de la Commission scientifique. Si elle voit qu’il est impératif d’aller vers un confinement partiel dans quelques villes ou quartiers, on le fera », a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne française France 24.
Le chef de l’Etat fait ainsi le constat que « parfois, les traditions ont pris le pas sur les recommandations de la Commission scientifique. Nous avons constaté que la progression, qui paraît à la limite acceptable, est due beaucoup plus à des contacts familiaux, mariages, circoncisions et autres… », affirmant « avoir lancé un appel et demandé à tous les responsables locaux et autres afin d’interdire ce genre de regroupements dans des endroits clos »
Il a aussi regretté que « parfois quelques jeunes ne croient pas à la Covid-19 tant qu’ils ne l’ont pas vu de leurs propres yeux et pensent que c’est un spectre qu’on utilise pour essayer de les empêcher de s’exprimer ». Le Président Tebboune a également confié, lors de cette interview, son souhait que cette propagation de la Covid-19 « s’arrête et que les mesures prises par la Commission scientifique soient respectées par les citoyens ».

La sensibilisation, une priorité
En visite d’inspection dans la wilaya de Aïn Defla samedi, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a déclaré de son côté « privilégier » le volet sensibilisation dans la lutte contre la propagation de la pandémie en écartant l’éventualité d’un reconfinement. A l’heure actuelle, a-t-il dit, des wilayas connaissent une grande propagation de la Covid-19, soutenant qu’il ne sera recouru à cette démarche qu’en cas de nécessité « impérieuse ».
Selon lui, le recours au reconfinement est « une procédure à même d’occasionner une souffrance supplémentaire à la population », estimant que « confiner, déconfiner puis reconfiner est une démarche susceptible d’être assimilée à un échec ».

Secteurs public et privé appelés à « fédérer » leurs efforts
Abderahmane Benbouzid a également mis l’accent sur l’impératif de « fédérer » les efforts du personnel soignant dans la lutte contre la Covid-19, soutenant que cette démarche est à même de permettre d’endiguer la pandémie. Il a, dans ce contexte, noté que tous les services des hôpitaux doivent travailler en étroite collaboration afin de prendre en charge, avec la plus grande célérité possible, les malades atteints de la Covid 19.
S’attardant sur le manque de lits signalé dans un certain nombre de structures hospitalières, il a souligné qu’à l’exception des services des urgences et de gynécologie obstétrique, tous les autres services doivent faire preuve de « solidarité » en consacrant un certain nombre pour la prise en charge et le suivi des malades atteints par la Covid-19. Estimant « inopportun d’évoquer les dénominations public/privé » en mettant en exergue le fait qu’«à l’heure actuelle, le plus important est de focaliser sur le malade et les moyens de sa prise en charge avec célérité, sans perdre de vue l’aspect qualité des soins». Dans le but d’étayer son affirmation, il a indiqué que les tests PCR ainsi que les examens virologiques et de radio sont susceptibles d’être réalisés par les laboratoires privés.
Le ministre de la Santé a encore une fois exhorté les citoyens algériens aux respects des gestes barrières en avouant : « Nous devons cohabiter avec le virus (…). Il est extrêmement dangereux et c’est pour cette raison que nous exhortons nos concitoyens à rester vigilants et à observer les gestes barrières édictés par les autorités sanitaires ».
Dans ce contexte épidémiologique, où le personnel médical est en première ligne, Abderrahmane Benbouzid avait déclaré que « le secteur de la Santé a déploré parmi les différents corps 26 décès et plus de 1 500 cas impactés, dont certains se sont rétablis et d’autres toujours en soin ».

Les gestes barrières, seul moyen pour briser la chaîne de contamination
Pour sa part, le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution du coronavirus, Dr. Djamel Fourar, a réitéré, samedi dernier son appel aux Algériens pour le respect des gestes barrières en affirmant, dans une déclaration à l’APS, que «l’observation des gestes barrières est le seul et unique moyen pour briser la chaîne de contamination.
S’agissant des wilayas enregistrant une hausse du nombre de cas positifs à la Covid-19, Dr. Fourar a cité Alger, Blida, Sétif, Tipasa, Djelfa, Laghouat, Biskra, Adrar et Tamanrasset, appelant les citoyens « au respect rigoureux des mesures préventives ». Excluant un retour au confinement, il a expliqué que les autres pays du monde ont renoncé à cette mesure. En revanche, il a insisté sur le fait que « les citoyens doivent s’adapter à ce virus et respecter les mesures préventives pour briser la chaîne de contamination ». n