Aucune issue au bras de fer qui oppose le CNAPEST à l’Education nationale ne semble se profiler à l’horizon. La grève cyclique de deux jours par semaine que l’organisation syndicale a décidé d’observer depuis le 2 novembre dernier entre dans sa sixième semaine. En face, le ministère multiplie les déclarations d’engagement à satisfaire les revendications de la corporation sans pour autant fléchir ni renoncer à rendre publics les faibles taux d’adhésion, selon lui, des enseignants au mouvement social. Et les élèves dans tout ça ? Parmi eux, nombreux voient leur rythme scolaire perturbé avec des conséquences sur le calendrier des examens qu’ils sont censés passer.

PAR MILINA KOUACI
Le secteur de l’Education nationale est perturbé depuis cinq semaines par les protestations des enseignants des trois cycles, affiliés au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste). Ce syndicat a observé, hier, une journée de grève conformément aux résolutions ayant sanctionné son conseil national extraordinaire tenu en octobre dernier à Blida.
Bien que le syndicat a décidé de poursuivre la grève jusqu’à satisfaction de ses revendications, le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a annoncé, lundi à l’occasion d’une rencontre bilatérale avec le Cnapeste, consacrée à la révision du statut particulier du personnel du secteur, qu’il s’engage à satisfaire les revendications socioprofessionnelles des travailleurs de l’Education et fait part de l’engagement du gouvernement en faveur des revendications qui ne relèvent pas des prérogatives du secteur de l’Education et qui requièrent du temps pour les examiner en concertation avec d’autres secteurs. Des démarches visant à garantir la stabilité au secteur dans l’intérêt de l’élève, de l’enseignant et de l’Ecole publique.
Cependant, les protestataires manifestent leur «détermination» à poursuivre leur mouvement de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Dans le contexte social et économique actuel, la révision du statut particulier et la correction des incohérences qu’il contient ne sont plus une «priorité» pour le Cnapeste, qui réclame en urgence «d’améliorer le pouvoir d’achat» du corps enseignant. Alors qu’aucune réunion ou négociation n’est annoncée par les deux parties (Cnapeste-ministère), des parents d’élèves lancent un appel aux hautes autorités afin de mettre un terme «aux grèves répétitives» dans le secteur. Les élèves qui n’ont pas eu cours pendant 10 jours de grève sont doublement pénalisés, du fait qu’ils accumulent un retard dû au nombre d’heures perdues.
Pour rappel, le Cnapeste exige une révision à la hausse des salaires et des indemnités et primes du personnel du secteur afin de remédier à l’érosion du pouvoir d’achat. Il revendique également, l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour mettre fin à la pression exercée sur le personnel enseignant, qui dispense, au quotidien, un volume horaire important. Le syndicat réclame le droit de départ en retraite anticipée, la médecine de travail et la facilitation d’accès au logement pour les enseignants. Il dénonce, par ailleurs, «les entraves au libre exercice syndical» tout en déplorant les poursuites judiciaires à l’encontre des syndicalistes du secteur.