C’est ce que constate l’Association professionnelle des agents maritimes algériens (APAMA) face à la situation de crise que traverse l’Entreprise portuaire de Béjaia (EPB). Après plus de 15 jours de grève des travailleurs du port, l’association s’inquiète des effets de ce débrayage sur l’économie de la région.

La situation de crise que traverse l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB) suite à la grève des travailleurs du port depuis plus de 15 jours, a fait réagir l’Association professionnelle des agents maritimes algériens (Apama) qui s’inquiète des effets de ce débrayage sur l’économie de la région.
La même organisation pointe également, dans un communiqué, les conséquences de cette grève sur les activités annexes du transport maritime, invitant les deux parties du conflit à œuvrer pour une «issue heureuse» dans les plus brefs délais. L’organisation n’a pas lésiné sur des mots forts pour décrire une situation qui la préoccupe au plus haut niveau.
«Un conflit entre la direction et le syndicat du port de Béjaïa bloque dangereusement les activités maritimes et portuaires depuis maintenant plus de 17 jours», souligne, d’emblée l’Apama, qui regrette, que «les intérêts du pays et celui de l’ensemble des opérateurs soient délaissés au profit de l’égo des parties impliquées dans cette grève unique par sa durée».
Elle a mis en évidence, ensuite, la place économique du port de Béjaïa, «fleuron de l’outil portuaire national qui dessert une partie importante de la région centre en assurant une bonne partie des exportations algériennes de marchandises et une partie des exportations d’hydrocarbures». L’Apama évoque un impact à plusieurs niveaux d’activité. «En plus de la situation alarmante des auxiliaires du transport maritime (agents maritimes, transitaires, experts maritimes, transporteurs…), nous soulevons le cas des unités économiques de la région qui souffrent du manque de matières premières» dont le stock risque une «rupture» aux conséquences lourdes.
Le communiqué de l’Apama évoque également «les surcoûts énormes engendrés par le fait de dérouter les cargaisons sur d’autres ports parfois au prix de plusieurs centaines de kilomètres». «En plus des centaines de millions de dinars de manque à gagner pour l’entreprise elle-même, il faut noter que les agents maritimes, les unités économiques ainsi que tous les opérateurs du port de Béjaïa continuent à subir des pertes énormes alors même que les lourdes conséquences de la Covid-19 ne sont pas encore dissipées», ajoute-t-on. Après avoir énuméré les conséquences économiques de ce débrayage, l’Organisation a invité les deux parties de la crise à œuvrer pour une solution qui mettrait fin à cette situation. «Le bon sens conjugué à celui de la responsabilité aurait voulu que les deux parties trouvent, sans plus tarder, une issue heureuse à cette situation qui pèse lourd sur l’économie de la région», est-il relevé dans le communiqué.
Le début de semaine a été marqué, faut-il le souligner, par l’arbitrage du wali de Béjaïa qui a reçu les représentants syndicaux, auxquels il a exprimé sa «préoccupation quant au devenir du port et des 1 400 travailleurs si cette crise venait à perdurer en faisant perdre au port des parts de marchés importantes». Il a manifesté, dans ce sens, «sa disponibilité» à examiner les propositions de sortie de crise privilégiant «toutes les voies de la sagesse, du dialogue, de l’écoute, de concertation et surtout du respect de l’autre». La section syndicale ne semble pas manifestement avoir été convaincue par «l’offre» du wali qui a suggéré aux travailleurs de «reprendre momentanément le travail dans l’intérêt de l’entreprise et de se garder prêts à reprendre le débrayage si les revendications portées ne seront pas réglées». Sur la revendication principale des contestataires, à savoir le départ du patron de l’EPB, le wali a indiqué aux syndicalistes que cette mesure «n’est pas de son ressort». <