Ali Seddiki est désormais indésirable au Front de Libération nationale (FLN). Sa faute stratégique représentée par le soutien de Azzedine Mihoubi, le candidat du Rassemblement national démocratique (RND) à la présidentielle du 12 décembre dernier continue à grossir les rangs de ses contestataires. C’est dans cette optique qu’une rencontre privée a eu lieu, hier chez un membre du bureau politique (BP). Une stratégie pour pousser Seddiki à la porte de sortie : « il est hors de question qu’il reste encore à la tête du parti après la bourde monumentale qu’il a fait en endossant l’erreur stratégique du soutien du FLN à Mihoubi et en plus publiquement », nous explique un membre du BP qui a pris part à la rencontre.
«On aurait toléré si Seddiki avait commis d’autres erreurs mais pas cette humiliation publique infligée au parti lors de la présidentielle », explique un membre du comité central tout en soutenant que «Seddiki doit tirer les leçons de son erreur et de son échec en se retirant de lui-même du parti sinon, il appartient aux instances du FLN de le faire partir». Questionné à propos des modalités et mécanismes à même d’induire le départ de Seddiki, notre source explique qu’il est question d’une seule option : la convocation d’une session extraordinaire du Comité central. A l’ordre du jour de cette session du comité central figurera deux points uniquement «désigner un nouveau secrétaire général et un nouveau BP». Mais pas seulement. Selon notre source, la nouvelle direction aura pour mission de préparer un congrès extraordinaire du parti et ce « dans les plus brefs délais». «C’est pour en finir avec le manque de légitimité qui frappe l’ensemble des structures du parti» nous explique-t-on au motif que le «bureau politique compte plus de 24 membres». «La situation actuelle du pays recommande à ce que le FLN se structure et soit dotée d’instances légitimes acceptées par les militants de base » explique un membre du BP non sans préciser que « maintenant que le nouveau président de la République est élu, nous devons être à l’avant-garde des réformes qu’il va impulser et surtout de la prochaine révision constitutionnelle qu’il a annoncé ». Mais pas seulement.
Selon un autre membre du comité central, le FLN doit mettre de l’ordre dans sa maison car « on peut participer au gouvernement et gérer des portefeuilles ministériels ». D’autres cadres du parti appellent également à l’impératif d’une restructuration « légitime » du FLN au regard des prochains rendez-vous électoraux qui pointent à l’horizon : les élections sénatoriales, locales et législatives. « Le FLN est à la croisée des chemins, même s’il est rejeté par la population, il n’en demeure pas moins que nous sommes un vrai parti qui appartient à ses militants et nous devons remonter la pente à travers un nouveau départ en mettant en place de nouvelles instances cette fois-ci légitimes », explique de son côté un ancien ministre selon lequel « le départ de Seddiki de la tête du FLN est une exigence majeure et un préalable pour la restitution du FLN à ses véritables militants et pour un nouveau départ du parti »