La France « a décidé de suspendre les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes », « dans l’attente de garanties » sur un retour des civils au pouvoir à l’issue d’élections prévues en février 2022, a annoncé jeudi le ministère des Armées, après un second coup de force en neuf mois au Mali. « Des exigences et des lignes rouges ont été posées par la Cédéao et par l’Union africaine pour clarifier le cadre de la transition politique au Mali », et « dans l’attente de ces garanties, la France (…) a décidé de suspendre, à titre conservatoire et temporaire, les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes ainsi que les missions nationales de conseil à leur profit », souligne le ministère dans un communiqué cité par l’agence AFP. « Ces décisions seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes », conclut le ministère alors que le Mali est un pays clé de la lutte anti-terroriste au Sahel, dans laquelle la France s’est impliquée. La force française Barkhane, forte de 5.100 militaires au Sahel, continuera d’opérer mais pour l’heure en solo, a-t-il été précisé au ministère des Armées selon l’agence AFP. En revanche, la force « Takuba » initiée par la France, composée d’unités de forces spéciales européennes et censée former l’armée malienne au combat compte parmi les activités suspendues. Le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », accusé de corruption et d’impuissance face à l’insécurité, a été renversé après plusieurs mois de manifestations antigouvernementales. L’armée s’engage alors à une transition vers un pouvoir civil dans les 18 mois. Le 15 avril 2021, les autorités de transition fixent dans ce sens des dates en février et mars 2022 pour les élections présidentielle et législatives. Toutefois en mai, le président et le Premier ministre, Bah Ndaw et Moctar Ouane, sont conduits sous la contrainte au camp militaire de Kati, près de Bamako. La Cour constitutionnelle déclare ensuite chef de l’Etat et président de transition le colonel Assimi Goïta, homme clé dans l’actuelle crise politique. Ce dernier a assuré que les élections prévues se tiendront courant