La Charte de partenariat a été signée, il y a quelques jours à la faveur de la Tripartite (gouvernement-UGTA-patronat). Mais, pour le moment, on n’en sait pas assez sur ce qu’elle va apporter en termes de management, de croissance et de développement des entreprises vouées à la privatisation.

Seuls quelques principes généraux, devant présider aux futurs partenariats entre public et privé, ont été énumérés à l’occasion de la cérémonie de signature. A travers cette Charte, le gouvernement et ses partenaires économiques et sociaux, solidaires et soucieux de préserver la stabilité du pays et la cohésion sociale, s’engagent à promouvoir et protéger la production nationale et à réduire les importations pour préserver nos réserves de changes mais également pour assurer la satisfaction des besoins de l’entreprise nationale et des citoyens. Il s’agit là d’une opportunité que les entreprises locales s’engagent à saisir pour développer leurs capacités et leurs compétitivités afin de satisfaire la demande du marché national et d’aller à la conquête d’autres marchés à travers le monde. La présente Charte, qui prend en charge la législation et la règlementation nationale en matière de partenariat, constitue pour les opérateurs nationaux, publics et privés, un cadre de référence devant présider à la promotion, la négociation et la constitution des partenariats ainsi que de leur suivi. Les propositions actuelles entretiennent en réalité le flou le plus total quant à ce que devrait être le rôle du privé dans les futurs partenariats. Les plus pessimistes estiment qu’avec la reconfiguration de l’actionnariat (64/34), le moindre pépin peut vite s’avérer problématique, car les employés du secteur public n’hésiteraient pas à brandir la menace du tiers bloquant (les 34%). Cela veut dire que même avec 34% des actions dans les futurs partenariats, l’Etat (actionnaire minoritaire) ne perdrait pas de sa solidité dans le secteur public et pourrait influencer la prise de décisions qui engagent l’avenir des entreprises, dont les statuts seront modifiés. Quant aux plus optimistes, ils pensent que ce type de partenariat devrait conduire au développement d’une industrie publique en situation difficile aujourd’hui. Ils estiment que les actions à engager avec les entreprises privées seront de nature à permettre substantiellement aux entreprises publiques de progresser dans la voie du progrès, en visant à acquérir le savoir-faire, l’expérience et les formations dont elles ont besoin pour leur développement. Les opérateurs privés, notamment ceux appartenant au FCE, le pensent aussi, pendant que d’autres chefs d’entreprise dans le secteur privé hésitent à aller de l’avant, de peur que les choses tournent mal. Et, pourtant, ils savent que la donne de l’économie nationale a changé, que l’Etat veut quitter la sphère économique, que le privé gagne en importance, qu’il y a multiplicité d’acteurs économiques. Et qu’ils auront tout à gagner dans ce programme de privatisation partielle, car, les sociétés proposées au partenariat disposent d’actifs intéressants. Dans une conjoncture financière des plus difficiles, entreprises privées et publiques se voient obligées de revoir complètement leur façon de faire, dans une économie en transition, et d’afficher une réelle volonté de travailler ensemble, dans un marché offrant d’énormes opportunités d’investissements.