L’année 2021 ne ressemblera pas à celle d’avant. Elle sera pire. S’il y avait un petit doute jusqu’ici, maintenant c’est confirmé. La «source» de ce fait est la dernière note de conjoncture publiée par l’organisme chargé de l’information statistique aux Douanes algériennes.
Parmi les nombreux chiffres donnés, celui des réserves de changes donne un aperçu de la gravité de la situation. Elles ont ainsi diminué, en moins d’une année, d’environ 20 milliards de dollars. Une perte de près d’un tiers entre janvier 2020 et la fin de la même année. De 62 milliards de dollars, les stocks en devises placés dans les banques souveraines occidentales, il reste entre 40 et 43 milliards de dollars.
Cette fonte est d’autant alarmante que les perspectives sont loin d’être rassurantes. Sauf miracle, cette «évaporation» continuera et, avec elle, les problèmes.
Dépendant de ce qui se passe sous d’autres cieux, l’Algérie aura à gérer une crise bien délicate. Il va falloir trouver des ressources financières pour pouvoir appliquer la loi des finances 2021 qui d’emblée parait bien ambitieuse par rapport à l’état des lieux. Cependant, pour espérer renflouer les caisses il faudra que l’économie mondiale puisse sortir de sa torpeur actuelle. Ce qui est loin d’être évident.
Le repère reste, et visiblement il le restera pour longtemps encore, l’évolution des marchés pétroliers. Les plus optimistes tablent encore sur une moyenne de 50 dollars le baril, ce qui restera insuffisant pour pouvoir échapper à la crise sociale qui s’annonce très difficile pour les Algériens.
D’ailleurs, les premières retombées sont bien perceptibles en ce moment. La hausse des prix des différents produits alimentaires de large consommation n’augure rien de bon pour l’avenir, à court et à moyen terme. Le gouvernement aura surtout à surveiller un front social en ébullition. Il va devoir affronter des problèmes qui plus ou moins ont été mis de côté devant la crise sanitaire qui a frappé, et qui frappe encore, le pays. Gouverner un pays ne peut plus se refléter par uniquement la gestion des hôpitaux et le suivi d’un programme de vaccination. Désormais, l’enjeu, au minimum, sera une question de survie.