La filière boulangère traverse une crise profonde qui menace son existence même. Le cri d’alerte est lancé par le président de la Fédération nationale des boulangers, (FNB), Kalafat Youcef, selon lequel, ce sont près de 3 000 boulangers qui ont fermé boutique depuis le début de l’année.

Et pour éviter les pires scénarios, il appelle les pouvoirs publics à agir pour éviter la faillite générale des boulangers. Car, dit-il, « le maintien du prix de la baguette de pain à 10 DA conduira à la fermeture des 18 000 boulangeries que compte le pays ». M. Kalafat, qui s’exprimait lors des travaux de la session extraordinaire de la FNB, tenue samedi au siège de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a annoncé ce chiffre, estimant que l’état actuel des choses risque de pousser les boulangers à disparaître ou à changer d’activité, appelant la tutelle à prendre en charge les revendications légitimes de cette catégorie de commerçants.
M. Kalafat a précisé que, pour le moment, « le prix du pain et la marge bénéficiaire des boulangers n’ont subi aucun changement tandis que les prix des matières premières, levure en tête, connaîtront une hausse ». Concernant l’augmentation du prix de la baguette de pain dans certaines wilayas, le président de la FNBA a souligné que celle-ci n’a pas été décidée par la fédération et qu’elle est intervenue sans consultation de l’UGCAA.
Il a indiqué par ailleurs que « le recul sensible » enregistré dans la marge bénéficiaire des boulangers constitue l’une des préoccupations majeures de cette catégorie malgré le soutien de l’Etat au prix de la farine en tant que matière première entrant dans la fabrication du pain (2 000 DA quintal).
Lui succédant, Kahil Amar, membre de la FNBA, a souligné que les boulangers sont confrontés à « la baisse de leur marge bénéficiaire », dénonçant la hausse enregistrée dans les autres intrants directs dans la fabrication du pain, améliorants, sel, levure, en plus des charges liées au paiement de l’électricité ou du transport. Il a ajouté que certains boulangers dans certaines wilayas ont été contraints d’augmenter le prix de la baguette à 15 DA (tandis que le prix réglementaire est de 7,5 DA pour le pain ordinaire et de 8,5 DA pour le pain amélioré) pour réaliser une marge bénéficiaire qui leur éviterait la fermeture. « La FNB, a-t-il souligné, n’a approuvé aucune augmentation du prix du pain et a même dénoncé cette démarche », commente-t-il. Il a également précisé que les préoccupations des boulangers seront soumises à la tutelle (ministère du Commerce) par leurs représentants à travers les 48 wilayas, dans l’attente d’une réponse avant la fin de l’année en cours en vue de trouver une solution acceptable pour les deux parties. Pour rappel, le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, avait indiqué « qu’un dossier relatif au prix du pain est actuellement à l’étude au niveau du gouvernement, afin de trouver une solution pour éviter de recourir à une augmentation du prix ». Il a fait état de l’existence de « contacts permanents avec l’UGCAA pour trouver des solutions adéquates au problème relatif à la tarification du pain sans passer par une augmentation du prix ».