A moins de trois mois des Jeux Olympiques de Tokyo 2021, on ne peut pas dire que cet évènement planétaire collectionne les certitudes autour de sa tenue et les conditions qui vont l’entourer. La recrudescence de la pandémie du Coronavirus vient contrarier les plans des organisateurs qui font face à un refus de la population japonaise qui craint que les JO empirent la situation sanitaire.

Par Mohamed Touileb
Va-t-on voir se tenir des Olympiades sans public ? L’éventualité n’est pas à exclure compte tenu des données sanitaires au Pays du Soleil Levant. En outre, les Japonais ne veulent pas voir leur pays payer le spectacle au prix de leurs vies. Face à cela, le CIO et les autorités nippones préfèrent temporiser avant de trancher si les compétitions vont se dérouler à huis-clos ou pas.
Avis médical défavorable
Ainsi, la décision autour de la présence des spectateurs locaux ou pas a été repoussée jusqu’au mois de juin prochain. Un autre signal qui reflète l’incertitude qui continue d’accompagner la préparation des JO (23 juillet – 8 août) au moment où le taux de contamination à COVID-19 ne baisse pas dans le pays hôte. D’ailleurs, Tokyo, ville étoile de ce rendez-vous gigantesque, et trois autres départements japonais sont placés, depuis dimanche dernier, sous un troisième état d’urgence. En mars écoulé, les autorités ont décidé qu’il n’y aura pas de public en provenance de l’étranger pour assister à l’évènement quadriennal. Et la flambée récente des cas vient même menacer la probabilité de voir les citoyens japonais assister aux différentes compétitions sportives olympiques. A partir de là, l’inquiétude s’est décuplée voyant Shigeru Omi, principal conseiller médical du gouvernement, juger qu’ « il est temps de discuter des Jeux olympiques », au vu de la « situation des infections » et du « système hospitalier débordé ».
« Notre objectif est d’avoir des sites pleins »
Est-ce que le raout sportif va être annulé ? Probablement pas si l’on se fie à la déclaration de la présidente de Tokyo-2020, Seiko Hashimoto, qui a indiqué que « la question est de savoir comment organiser des Jeux sûrs » non sans reconnaître que « Notre objectif est toujours d’avoir des sites pleins, mais au regard de mesures nécessaires pour lutter contre le virus, nous ne devons pas surcharger les services médicaux ».Pour tenter de contenir le risque de propagation du virus, il a été décidé de revoir le plan de dépistage pour les athlètes. En effet, les sportifs participants aux joutes seront testés quotidiennement, alors que le plan initial prévoyait des tests tous les quatre jours. Pour ce qui est du public, il faut savoir qu’une récente étude a révélé qu’à peine 1 % de la population a pu être vaccinée et l’épidémie de coronavirus. Pas l’idéal pour dissuader les 70% des tokyoïtes opposés à la tenue des Olympiades et les rassurer que voir leur ville abriter les différentes épreuves ne présente pas une menace pour leur santé. n