Ça avait débuté avec un coup de théâtre et ça se termine avec un coup de tonnerre. Le 16 mars 2017, il a créé la surprise en évinçant Issa Hayatou de son trône à la tête de la Confédération africaine de football (CAF). Le Malgache avait alors fait de la transparence et la bonne gestion ses mots d’ordre. Mais voilà qu’il est condamné, par la Commission d’éthique de la FIFA, pour « détournement de fonds ». Le boss de la balle ronde africaine a été suspendu pour 5 ans de toute activité en lien avec le football. De ce fait, il n’est plus patron de la CAF et il ne peut envisager d’être reconduit.

Pour tout résumer, on dira que Gianni Infantino, premier décideur du football mondial, largué. Pourtant, c’était l’Italo-Suisse qui l’avait « béni » pour qu’il devienne patron du sport roi en Afrique il y a presque 4 ans de cela. A l’époque, Ahmad Ahmad avait déjà des petites casseroles qu’il traînait. Son nom a été cité par le Sunday Times dans le Qatargate et les suspicions qui entouraient l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde 2022 au pays du Golfe.

Des antécédents qui auguraient de la chute
D’après le quotidien britannique, le successeur de Hayatou a perçu entre 30.000 à 100.000 dollars pour que les Qataris obtiennent sa voix. Accusation qu’il avait, bien évidemment, réfutée. Les 3 années de gouvernance qui ont suivi n’ont pas été un long fleuve tranquille. D’ailleurs, en juillet 2019, il a même été interpelé à Paris lorsqu’il s’était rendu à un congrès de la FIFA en France. Était alors évoquée une rupture unilatérale du contrat avec l’équipementier allemand Puma au profit de la société Tactical Steel sise à La Seyne-sur-Mer en France. On parlait d’une commission personnelle à hauteur de 830.000 dollars US qu’Ahmad Ahmad aurait touché pour signer le partenariat. Des allégations que l’intéressé avait, comme il l’a toujours fait, démenties.

Le compromettant rapport de Samoura
Face à ces « tares », Infantino, qui l’avait soutenu pour prendre les commandes de la CAF, a préféré le larguer. Cela avait commencé avec la désignation de Fatma Samoura en tant que déléguée générale de la FIFA auprès de la CAF pour s’arrêter sur la gestion de la structure footballistique africaine. Le 29 janvier 2020, la mission de la Sénégalaise s’était terminée après 6 mois. Manifestement, l’état des lieux qu’elle a fait était sans appel pour Ahmad Ahmad puisqu’hier, la FIFA a décidé de le suspendre pour 5 années du circuit du sport à onze. « La chambre de jugement de la Commission d’Éthique indépendante a jugé Ahmad Ahmad, président de la Confédération Africaine de Football (CAF) et vice-président de la FIFA, coupable d’avoir enfreint les art. 15 (Devoir de loyauté), 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) et 25 (Abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la FIFA, ainsi que l’art. 28 (Détournement de fonds) de son édition 2018 », pouvait-on lire dans le communiqué de la FIFA.

Omari en intérimaire et Motsepe en successeur ?
Il est également noté que celui qui était vice-président de la FIFA fait l’objet d’« une interdiction de toute activité relative au football (administrative, sportive et autre) aux niveaux national et international pour une durée de cinq ans. Il devra en outre s’acquitter d’une amende s’élevant à CHF 200.000.» Cela veut, par extension, dire que son nom est rayé de la liste des prétendants aux élections confédérales et que son quadriennat est terminé puisque la sanction prend effet immédiat. C’est le Congolais Constant Omari Selemani qui se chargera de gérer la CAF jusqu’au prochain vote. Et on doute qu’Ahmad Ahmad fasse appel dans les 60 jours à venir.
Pour ce qui est du successeur, il y a 4 noms. Il s’agit de Jacques Anouma, ancien patron de la fédération ivoirienne, Ahmed Yahya, chef de la l’instance fédérale mauritanienne, et Augustin Senghor, leur homologue sénégalais. Il y aussi Patrice Motsepe, chairman du Mamelodi Sundowns (Afrique du Sud) qui serait la nouvelle carte Infantino. n