Par Bouzid Chalabi
Alors que le bureau de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) n’a cessé de marteler, ces dernières semaines, que la décision d’augmenter le prix de la baguette ordinaire relève uniquement du gouvernement, voilà que Youssef Kalafat, président de la Fédération nationale des boulangers, affiliée à l’UGCAA, prend de court l’Union en annonçant, lundi dernier, sur les réseaux sociaux et sur certains médias qu’à partir du jeudi 12 mars prochain le prix de la baguette subventionné par l’Etat passera de 10 à 15 DA.
Une déclaration qui, bien qu’elle ne semble plus tout à fait d’actualité, puisque de nombreux boulangers sont passés à 15 DA depuis des semaines déjà, a été très mal digérée par l’UGCAA. Et pour preuve, elle n’a pas tardé à réagir à travers un communiqué, repris mardi dans la soirée par l’APS. Et où l’organisation s’est dite «surprise» par les déclarations de Youcef Kalafat et rejette un agissement qualifié «d’irresponsable». Cette même source rapporte qu’à cet effet, l’UGCAA va prendre des mesures juridiques et administratives comme inscrites dans le règlement interne de l’Union en vigueur dans ce cas de figure. On apprend, également, de source proche de l’UGCAA, que «nous déplorons un tel agissement dès lors où Kalafat de par son statut de président de la FNB affiliée à l’Union avait connaissance que l’UGCAA allait tenir prochainement une réunion de coordination au siège du ministère du Commerce, des Finances et de la Direction générale des impôts (DGI) pour non seulement «examiner les moyens d’appliquer la décision du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, selon laquelle l’impôt imposé aux boulangers ne concerne que les bénéfices et non le chiffre d’affaires, mais aussi de se pencher sur les doléances des boulangers relative à l’augmentation de la marge bénéficiaire».
Sur ce dernier point, il faut savoir que du côté du bureau de la fédération, approché par Reporters, on atteste que «certes, les deux nouvelles dispositions de nous soumettre à un impôt unique et une revue à la baisse du coût de l’électricité sont à notre bénéfice, mais cela ne changera rien à notre situation actuelle. C’est comme si on a cherché à reléguer au second plan notre doléance la plus prioritaire, celle de notre marge de bénéfice, dans notre principale activité.
Ce que beaucoup d’entre nous ont très mal interprété. Du coup, il nous a semblé que la seule alternative qui nous restait, c’est de décider d’une augmentation de 5 DA sur la baguette de pain ordinaire. Une décision qui fait l’unanimité au sein de notre profession. Et donc, il faut s’attendre qu’à partir de jeudi prochain, à moins d’un revirement de dernière minute, un grand nombre de boulangeries prenne acte de notre décision avec cette particularité que, cette fois, ce ne sera plus des cas isolés, comme auparavant, mais la consigne sera largement suivie». Notons que l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce) a, elle aussi, réagi à la déclaration de Youssef Kalafat. Selon son président Mustapha Zebdi «la décision d’augmenter le prix de la baguette relève de l’irresponsabilité. Ce que nous condamnons d’ailleurs».
On apprend enfin que la dernière augmentation du prix de la levure, indispensable chez les boulangers, a été en quelque sorte la goutte qui a fait déborder le vase. Poussant ainsi les artisans boulangers à augmenter leur tarification sur la baguette subventionnée. On en saura un peu plus jeudi prochain.