Lors d’une rencontre qui s’est tenue avant-hier en marge du Festival du théâtre arabe à Oran, la Fédération internationale des acteurs (FIA) a signé une convention-cadre avec l’institut du théâtre arabe. La Fédération internationale des acteurs, dont le principal objectif est de faire entendre les intérêts professionnels des acteurs (au cinéma, à la télévision, à la radio, dans les médias numériques, au théâtre et dans le spectacle vivant), des professionnels de la radiodiffusion, des danseurs, des chanteurs, des artistes de variété, de cirque, est une fédération qui représente des syndicats de guilde, associations professionnelles d’artistes interprètes, qu’ils soient dans le domaine du spectacle vivant ou dans le spectacle enregistré. Le secrétaire général de la FIA nous a confié à ce propos que «notre fédération est mondiale, nous avons a peu près 90 adhérents, et nos adhérents sont des guildes, ce ne sont pas des acteurs pris individuellement, un peu partout dans le monde et dans tous les continents ». Il a ajouté de suite : « Nous faisons à l’échelle internationale ce que nos membres font à l’échelle nationale, c’est-à-dire nous battre collectivement pour que les artistes-interprètes puissent vivre dignement de leurs métiers, et faire reconnaitre leurs droits, ce qui est très important dans le domaine social, mais pas exclusivement, je pense notamment aux droits individuels de propriété, aux conventions collectives, à la négociation individuelle qui peut permettre de rajouter des bénéfices ultérieurs », a-t-il déclaré. Grâce à cette action, les deux parties vont mettre en place un plan d’action qui leur permettra d’entamer une approche avec la culture arabe : «Nous sommes ici à l’invitation de l’Institut du théâtre arabe, c’est une première pour nous. Dans notre fédération jusqu’à présent, pour pas de raisons particulières, le seul membre actuellement de langue arabe est le syndicat marocain professionnel du théâtre qui, dernièrement, a changé son nom pour syndicat marocain professionnel des arts dramatiques. Donc, nous avons sauté sur l’occasion de ce festival pour pouvoir rencontrer le monde culturel du théâtre arabe », a fait savoir le secrétaire général de la FIA. «Nous savons qu’ils ont beaucoup de richesses, au niveau des contenus, au niveau des échanges, mais nous ne savions pas comment entamer un dialogue, aujourd’hui je pense que c’est chose faite, ce qui nous permettra d’envisager des actions ponctuelles au niveau national », a-t-il dit. Selon lui, l’organisation est primordiale pour sensibiliser en premier lieu les artistes interprètes et ainsi leur faire comprendre qu’ils doivent commencer à s’aider eux-mêmes, car leur passion et leurs cœurs sont sur scène. «Ils ont besoin de s’organiser, et ce, en leur procurant des outils, des suggestions. Nous pouvons les aider dans leurs réflexions et dans leurs démarches, mais s’ils ne s’organisent pas, ils seront toujours dans la précarité », a-t-il souligné, en insistant davantage sur l’organisation de ces derniers en créant des syndicats ou une force collective, et en luttant pour faire reconnaitre leur statut de professionnels. Denys Fouqueray, vice-président de la FIA, nous a déclaré que «nous partons avec une base un peu commune et avec une histoire et une culture un peu différentes ce qui fait que nos camarades marocains sont avancés sur des solutions qui sont différentes de celles qui existent en France, mais qui sont plus pertinentes par rapport à leur situation d’artistes marocains, ce jumelage ne peut avoir de sens que seulement si une écoute existe ». « Pour devenir membre de notre fédération, il faut avoir une organisation sur place, qui partage le même objectif que nous et qui représente un minimum la profession dans son pays pour que nous puissions véritablement travailler avec. A ce moment-là, il faut présenter une demande qui sera vérifiée et exécutée par notre comité collectif qui se réunit une fois par an », a ajouté le secrétaire général de la FIA. 

Hassen Iffali, représentant de l’Institut arabe du théâtre a, quant lui, parlé d’un début entre les deux corporations qui sera suivi par un ensemble d’activités dans le futur. Il a clôturé son discours en affirmant qu’«une discussions avec les membres de la FIA a eu lieu afin de tracer les grands axes de cette entente, qui ne sera pas seulement axée sur l’aspect créatif, mais aussi sur les droits des artistes dans le monde, car la Fédération internationale défend les droits des artistes et les lois qui les défendent avant tout », a-t-il noté.