Deux cérémonies, un seul événement, le 3e anniversaire de la mort du père fondateur du FFS s’est déroulé sous le signe de la division. Une commémoration en deux temps qui a vu, la veille, le 22 décembre 2018, la famille du défunt dont les trois enfants et sa veuve se recueillir sur sa tombe.

Le lendemain, 23 décembre, les membres de la direction nationale à leur tête, Ali Laskri, coordinateur de l’instance présidentielle, et Hadj Djillani, 1e secrétaire du parti, se sont rendus au village d’Ait Ahmed pour effecteur le même geste évocatoire. On est loin de la communion qui a jusque-là marqué les hommages et le souvenir douloureux de la disparition de celui qui symbolise la cohésion et l’unité des rangs au sein d’un parti qui n’arrive plus, trois ans après la mort de son père fondateur, à dissimuler les clivages et les divisions qui le minent et étalées sur la place publique.
En plus du choix de ne pas s’afficher aux côtés d’Ali Laskri et du 1e secrétaire du parti, Jugurtha, le fils ainé Hocine Ait Ahmed et son frère cadet, Salah, n’ont pas manqué de réitérer leurs désaccord avec ces derniers dont ils désapprouvent l’action et la gestion organique du parti.
La présence de Salima Ghezali aux côtés de la famille de Hocine Ait Ahmed, lors de la cérémonie de samedi dernier, est significative du désaveu et du refus de la sanction infligée à l’ex-conseillère politique du leader disparu, et partant de l’ensemble de la démarche de l’actuelle direction. Autre geste fort et qui s’inscrit dans la même logique de défi à l’actuel homme fort du parti et de son équipe, la diffusion à grande échelle et sur les réseaux sociaux d’un document présenté comme étant un acte notarié portant sur les dernières volontés politiques de feu Hocine Ait Ahmed, interdisant tout recueillement sur la tombe de ce dernier aux représentants du pouvoir ainsi qu’à tout parti organisation ou parti politique. Hier, Ali Laskri, Hadj Djillani et leurs accompagnateurs se sont limités à la lecture de la Fatiha et au dépôt d’une gerbe de fleurs.
Un geste effectué au milieu d’une foule de militants du parti et de citoyens qui n’ont pas eu droit aux discours de circonstances. Est-ce une façon de se conformer aux directives anté-mortem de Hocine Ait Ahmed qui, à en croire ses volontés testamentaires rendues publiques par sa famille, recommandait d’éviter la récupération politique des hommages qui lui seront rendus après sa mort.<