Après le britannique et le nigérian, voilà donc que le variant indien du Covid-19 s’invite en Algérie. L’information donnée par l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) avant-hier ne pouvait qu’accentuer la panique qui est en train de prendre de plus en plus d’ampleur dans le pays. Ainsi six cas ont été enregistrés et il s’agissait, pour le variant indien, des premiers annoncés en Algérie. Ce qui tout le monde avait noté à la lecture du communiqué de l’Institut Pasteur c’est la «territorialité». Tous les cas du variant indien ont été signalés dans la même wilaya, Tipasa. Ce qui contrastait avec son «homologue» britannique dont les nouveaux cas (au nombre de 37) ont été enregistrés dans pas moins de sept wilaya (Alger, Blida, Bejaia, Constantine, Médéa, Mila et M’sila). Même dans les précédents communiqués de l’IPA (qui prend en charge le «dossier» des variants du Covid-19), à chaque fois il était question de plusieurs régions touchées, que ce soit pour le variant britannique ou pour le nigérian (les seuls identifiés avant le 03 mai), la répartition concernait de nombreuses wilayas. Cette fois, une seule était donc identifiée.
Dans son communiqué, l’IPA a néanmoins donné un détail important. Il a été précisé que «ce variant détecté en Algérie est de sous-type 2, qui comporte des différences par rapport au mutant Hybride circulant actuellement en Inde». Un message dont l’objectif était clair, celui d’atténuer toute panique éventuelle. Le détail est d’autant important que le pays considéré comme la plus grande démocratie au monde est en train de vivre une très grave crise sanitaire. Lundi dernier, soit le même jour de la publication du communiqué de l’IPA, l’Inde a enregistré un record mondial de nouveaux cas de Covid-19 pour le cinquième jour consécutif.
Donc, jusqu’à hier matin, les données communiquées étaient de six cas du variant indien de sous-type 2, découverts à Tipasa. Le lendemain matin, sur les ondes de la radio nationale, le directeur de l’IPA a lâché d’autres révélations. Les six contaminés étaient tous des travailleurs indiens. De quoi soulever de nombreuses questions, et pas uniquement sanitaires. L’enquête épidémiologique s’impose d’elle-même, mais c’est évident qu’elle sera insuffisante. Dans une période où toutes les frontières sont fermées, les spéculations vont bon train sur les entrées et sorties du territoire algérien, et cette «histoire» ne pourra qu’accentuer les rancœurs déjà trop nombreuses. Plusieurs failles s’amoncellent, et il est impératif de les détecter et de les éliminer !