L’argent, un nerf qui peut lâcher et faire tout exploser dans un football algérien construit sur un terrain de professionnalisme ultra-glissant. Pour preuve, la menace de boycott de la 20e journée dans la seconde division, initiée par 14 des 16 clubs de la Ligue 2 professionnelle soutenus par 7 autres de la Ligue 1, a obligé la Fédération algérienne de football (FAF) à réagir. L’instance fédérale a assuré que les pouvoirs publics
viendront en aide pour atténuer la crise financière qui plombe les contestataires.

Une réunion du Bureau Fédéral de la FAF s’était tenue jeudi au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa pour examiner une situation au bord de l’explosion. En effet, économiquement, la donne est délicate dans les trésoreries des différents teams affublés du statut professionnel. L’autonomie ? Ce n’est pas d’actualité puisque l’Etat est toujours sollicité pour subventionner une balle ronde budgétivore. Une discipline gâtée qui offre les tracas et les tensions plutôt que le spectacle.
Trois jours après avoir eu échos de l’intention de 14 sigles de ne pas animer le 20 round du championnat de la D2 Pro, la FAF a fait savoir, hier sur son site officiel, que «le BF (Bureau fédéral) a pris acte de la décision de la Ligue de football professionnel (LFP) de ne pas reporter la 20e journée du championnat de Ligue 2 professionnelle, suite à la demande des clubs de cette division réunis la semaine dernière pour examiner la situation financière difficile qu’ils vivent», tout en assurant les «engagements des pouvoirs publics de prendre en charge leurs doléances pour une sortie de crise.» Encore une fois, un syndicat improvisé et créé par des chairmen qui semblent exceller dans les moyens des pression et le chantage et cela fait réagir les institutions.
La satisfaction paradoxale
Après cette mesure d’urgence, qui révèle la vulnérabilité des structures footballistiques (LFP et FAF) pour sévir contre le sabotage «sportifo-économique», la faculté à structurer la balle ronde nationale et faire respecter la balance dépenses – revenus (si ces derniers il y en a vraiment) est sérieusement remise en question. Toutefois, paradoxalement, l’instance de Zetchi s’est satisfaite d’une une baisse «très sensible» des dettes des clubs professionnels à l’exception de l’USM Bel’Abbès. «Les membres du BF ont pris acte avec beaucoup de satisfaction la baisse très sensible des dettes des clubs professionnels qui, mis à part l’USM Bel-Abbès faisant toujours face à une situation bien compliquée, ont consenti d’énormes efforts pour atténuer ce chapitre qui a longtemps pesé sur leur fonctionnement», pouvait-on lire dans le PV de la réunion.
Après, aucun bilan numérisé concret n’a été avancé dans ce rapport économique qui s’est résumé à un sentiment sans avancer des preuves chiffrées. L’opacité reste la qualité première de la gestion des affaires du «sport à onze» qui se perd au milieu des milliards de dinars qui circulent sans traçabilité. La délinquance fiscale est en train de vider la discipline où la faillite semble logée à tous les paliers. n